Fin de la concertationDernière ligne droite pour l'A31bis?

Thomas Toussaint
L'État rencontre une dernière fois les citoyens ce jeudi 2 février à Thionville, lors d'une réunion qui doit conclure deux mois de concertation sur le futur tracé de l'A31bis.
© MAxime Gonzales / Archives RTL

Que ce soit pour les opposants ou les soutiens à l’A31bis, ce jeudi soir sera la dernière occasion de se faire entendre.

Après environ deux mois de concertation, une réunion de synthèse des débats est organisée à Thionville. C’est l’ensemble du secteur nord, avec le tronçon frontalier et le contournement de Thionville, qui sont en jeu.

Les quatre tracés en concurrence: un tracé F4 en tunnel, deux tracés F5 avec deux types de tunnels, et un tracé F10 en viaduc.
Les quatre tracés en concurrence: un tracé F4 en tunnel, deux tracés F5 avec deux types de tunnels, et un tracé F10 en viaduc.
© Dreal

Les dernières semaines ont rappelé qu’il n’y a pas de consensus sur cette autoroute A31bis. Pensée comme une solution contre le trafic frontalier, sur le point de devenir encore plus insupportable, l’autoroute a fédéré contre elle de nombreuses associations écologiques et locales. Avec un mot d’ordre: l’abandon du projet et son remplacement par de multiples solutions alternatives.

De son côté, la Dreal, actuel maître d’ouvrage jusqu’à la très probable mise en concession du projet, assure que toutes les solutions font partie de la réponse aux problèmes de mobilité des frontaliers, qui effectuent 84% de leurs déplacements en voiture.

“L’A31bis est un des leviers à mettre en place” expliquait Paul Bouzid, du service Transports de la Dreal. “Le train, le covoiturage... Tout est très complémentaire et l’A31bis en fait forcément partie.” “Pas forcément” lui répondaient les opposants au projet.

Trains, bus, télétravail... Tout sauf une nouvelle voie sur l’autoroute, qu’ils voient rapidement saturée. Et qui a surtout de fortes chances d’affecter la commune de Florange, au coeur du tracé. Florange, ville sacrifiée clamaient certains lors des réunions publiques.

Le contournement de Thionville a pour but premier d’éviter la saturation annoncée du secteur de Beauregard. Mais doit aussi et surtout permettre de desservir la vallée de la Fensch, qui attend une solution pour accéder plus facilement à l’autoroute.

“La vallée de la Fensch et Fameck sont habitués aux autoroutes” déclarait Michel Liegbott, maire de Fameck et président d’une agglomération “autrefois prospère” grâce à la sidérurgie. “On a changé d’époque. Et ce qui a changé, c’est le Luxembourg.” L’élu espère surtout une solution pour détourner les véhicules du réseau secondaire. Le tracé F4 a sa préférence.

C’est aussi une des attentes de Rémy Dick, maire de Florange: “Il y a des gens qui n’en peuvent plus d’avoir des dizaines de milliers de véhicules sous leurs fenêtres.” Le F5 profond, ou à défaut le tracé F4, lui semblent être des options à privilégier.

Plus au sud, l’Eurométropôle de Metz demande à l’État d’accélérer le projet. Car l’attente sera encore longue: une fois la concertation finie, il faudra encore plusieurs semaines avant que l’État ne décide d’une solution. Et le scénario le plus optimiste prévoit une mise en service de l’A31bis en 2030. Au mieux.

👀 LE PROJET A31BIS EN BREF

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