LuxFilmFestJournal d’un ciNEUphile (2)

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Critique acéré ou spectateur attendri, chaque jour, Claude Neu revient sur la journée qu’il vient de passer au Luxembourg Film Festival.

Est-il vrai que le film d’ouverture d’un festival se doit d’être en général un film de qualité moyenne, voire même un mauvais film? La réponse est clairement oui, car pour la sélection de l’œuvre d’ouverture, le programmateur se voit obligé de combler les goûts les plus basiques, conscient du fait que dans la salle il y aura beaucoup d’officiels et d’invités qui ne sont pas forcément des férus de septième art.

Je me suis d’ailleurs douté que Gloria Bell ne serait pas un film oscarisable, lorsqu’à la sortie du camp de base avant-hier soir, le programmateur Alexis Juncosa me susurra qu’il ne fallait pas que mes attentes soient trop exigeantes quant à ce remake tout de même sympa, mais que son niveau moyen serait largement compensé par la présence de Julianne Moore et de John Turturro. Au final il eut raison.

La flamboyante rousse incarne ici une femme de classe moyenne qui chantonne dans sa voiture, aime aller danser et pour le reste s’emmerde pas mal avec ses problèmes de tous les jours. Et qui, cerise sur sa vie morne, tombe amoureuse d’un psychotique (comme tant d’autres femmes auxquelles on pense aujourd’hui tendrement en cette journée internationale du droit des femmes). Ce qui, en principe, nous intéresse aussi peu que les soucis de Lisette Scoubidou. Mais, comme Gloria a les traits et le talent de Julianne Moore, on la suivrait pendant des heures à faire ses emplettes au supermarché. On reste donc accroché à ses lèvres jusqu’à la dernière scène, dans laquelle elle se lâche complètement et nous livre un moment de vrai bonheur après pas mal d’ennui ou d’indifférence.

Lors d’une soirée d’ouverture, il y a aussi l’avant et l’après film. Dans la première partie, après que la présidente Colette Flesch nous eut annoncé que la bourgmestre était malheureusement retenue à une réunion sur le chantier du tram mais que la compétition officielle était composée à moitié de films réalisés par des femmes, la ministre de la culture Sam Tanson confirma, de façon éloquente et brève (enfin une qui a compris que les discours interminables endorment l’audience) que le soutien à la production audiovisuelle serait revu à la hausse.

Et Alexis Juncosa présenta le, selon lui, plus beau jury de tous les festivals. En ce qui concerne les vedettes internationales dans la salle comme dans le jury, passez, il n’y avait rien à voir comme d’habitude. Il s’agissait, certes, dans l’ensemble de gens très méritants dans leur métier de producteur, acteur, réalisateur, j’en passe et des meilleurs, mais tous étaient plutôt des insiders connus uniquement auprès des gens du métier.

Une ouverture (tout comme une clôture) est, tout de même, aussi censée être une fête, cocktail à l’appui. Le mot « fête » est pourtant un peu présomptueux dans ce cas, parce qu’au final, on s’y amuse plutôt peu. Cela en partie parce qu’on a l’impression que l’organisation des petites sauteries de festival est toujours le dernier point sur l’ordre du jour lors des réunions d’organisation. Et le dernier point budgétaire aussi.

Cela avait pourtant bien commencé mercredi soir au casino. Où le restaurateur interne avait préparé de bons et beaux petits plats plutôt végétariens et mélangé agréablement le choix des breuvages. Le seul petit bémol était l’absence de mousse sur la bière, ce qui ne plut que très moyennement, entre autres, au patron du Mesa Verde.

Si l’ambiance y était malgré tout celle d’un enterrement plutôt que d’une réjouissance, la soirée au Kinepolis fut encore nettement en-dessous de tout ça. L’espace du premier étage a été délaissé pour un retour à la grande salle du bas, qui ressemble de nouveau à une salle de gym, où il faisait froid et où nous passerons sur la qualité de l’acoustique (tant pis pour le plutôt bon deejay) et de ce qu’on nous y fit mâcher... Ah, si, un Oscar pour le vin rouge qui n’était pas mal du tout. Allez, arrêtons de râler, aujourd’hui on retourne voir des films. Et là, on s’attend plutôt à que du bon. Que le vrai plaisir commence!

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