
Sachez-le de suite, ce bilan sera extrêmement positif et, de ce fait, je suis déjà confiant pour la 10e édition de l’année prochaine, lorsqu’il s’agira, chiffre rond oblige, de mettre les petits plats dans les grands. Les quelques progrès que nous aurons constaté avec grand plaisir au cours de ce neuvième millésime ne sont pas des moindres à y regarder de près.
À commencer, comme vous l’avez peut-être déjà appris dans une de nos news, la croissance de 20% au niveau des billets et abonnements vendus et des visites au Casino pour la réalité virtuelle. À noter cependant que les films pour le jeune public restent pourtant prédominants dans le courant de la journée et qu’il aurait été agréable de pouvoir visionner des œuvres de la sélection officielle dés 14h.
Vu aussi le fait que la sélection pour les plus jeunes est très importante et qu’elle prend autant, sinon plus de place lors de la soirée de remise de prix que celle pour adultes, on peut se demander s’il ne serait-il pas opportun de carrément scinder les deux? Évidemment, cela représenterait plus de frais et d’investissement au niveau des ressources humaines, mais l’idée me semble sympa.file:///C:/Users/clarinval/AppData/Local/Microsoft/Windows/INetCache/Content.Outlook/PRLP8IQA/RTL5%20ciNEUPhile%20(11)%2018032019.docx#_msocom_1
Cela dit, cette soirée de remise de prix fut la plus légère et la plus digeste de toutes. Parce qu’elle n’était pas encombrée par des discours inutiles et académiques (même si les remerciements de Bady Minck et de son compagnon envers jury des jeunes pour Styx, une de leurs coproductions primées avoisinait le roman fleuve).
Parce qu’enfin on comptait parmi les invités de la soirée un géant du cinéma, Mike Leigh, auquel on remit une statuette pour l’intégralité de son œuvre. Et qui, humour british oblige, se demandait si ce prix était la preuve de sa fin imminente alors qu’à à l’intérieur il était resté un gamin de treize ans.

Parce que ce même Mike Leigh témoignait de son attachement pour le Grand-Duché, qu’il avait découvert sur le tard lors de sa mise-en-scène d’un opéra au Grand Théâtre.
Une bonne idée fut aussi de laisser les gagnants et jurés non présents s’exprimer sur grand écran par message vidéo. Et d’avoir décerné le prix du meilleur documentaire au film italien Selfie particulièrement frais et émouvant.
Mon seul hoquet fut provoqué par la remise du prix de la critique à l’espagnol El Reino, seul long-métrage que j’ai vraiment abhorré et pour lequel je me désolidarise de mes copains journalistes. Mais mon ravissement revient lorsque j’appris que le jury international décernait son grand prix au britannique et inventif Ray and Liz, ainsi qu’une mention spéciale au seul film russe L’homme qui a surpris tout le monde, en l’occurrence deux de mes trois films préférés avec le grec The Waiter.
Enfin, à noter l’excellente idée de clore la soirée avec la co-production de Samsa film Tel Aviv on Fire, comédie légère qui se permet de jeter un regard critique sur l’élaboration peu conventionnelle du scénario d’un soap-opéra en plein conflit israélo-palestinien.
La sortie de ce film qui a provoqué maints fous rires dans la salle étant imminente, il est à conseiller à un large public de le découvrir et de se procurer ainsi une bonne dose de rigolade d’ici quelques semaines.
Quant au Luxfilmfest numéro dix, on lui souhaite d’ores et déjà qu’il se termine en joie comme cette neuvième et dernière soirée, pendant laquelle le trio musical importé d’Israël a réussi à transformer l’un ou l’autre invité en véritable derwish. Pour mieux faire en 2020, il faudra recourir à une vraie astuce. On en salive d’avance.