LuxFilmFestJournal d'un ciNEUphile (10)

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Au menu de la journée de vendredi, débat avec Edwy Plenel et soirée "critic on demand".
© Claude Neu

Le festival touche à sa fin et ce vendredi, un peu perturbé par la jeunesse dynamique qui a manifesté dans les rues du monde pour le climat, aura été une des plus denses journées au niveau programmation. Si la marche pour le climat a coûté quelques désistements au débat organisé au Casino, la grande salle au premier étage est bien remplie, entre autres de caméras, pour ne rien rater de la table-ronde en présence des faiseurs du documentaire Zero Impunity et d’Edwy Plenel, journaliste d’investigation engagé et fondateur de Mediapart.

Le projet contre l’impunité des violences sexuelles en conflits armés réunit un panel impressionnant de sept personnalités, parmi lesquelles les deux frères Blies, réalisateurs français qui ont établi leur société de production au Luxembourg, et leurs collaborateurs, qui ont veillé à apporter une note artistique au documentaire, histoire de le rendre plus digeste et renforcer l’empathie du spectateur.

© Claude Neu
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Un des plus saisissants témoignages vint sans doute de l’américain Peter Gallo, qui tente d’analyser l’existence des violences sexuelles à l’intérieur des Nations unies et n’hésite pas à souligner que ceux qui veulent s’adonner aux crimes sexuels trouvent un bon refuge au sein de l’institution des Nations Unies, du fait l’immunité de ses collaborateurs. Il a créé une organisation qui essaie de mettre un frein à ce camouflage sexuel.

© Claude Neu
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Edwy Plenel, en passant, n’a pas hésité à mettre en doute le règne d’Emmanuel Macron, en insistant sur le fait que son ultra-libéralisme ne s’appliquait qu’au seul secteur économique et beaucoup moins au régime politique. Il a, en outre, insisté sur le fait que les “fake news” propagées par voie de presse venaient moins de quelques populistes et de leurs propos de café du commerce que des pouvoirs politiques qui abusent de fausses informations pour mieux manipuler les masses.

Des applaudissements chaleureux suivirent les débats, après quoi Plenel partit déjeuner et signer le livre d’or de la Brasserie Guillaume, suivi par les producteurs du film et la direction du festival.

Déjeuner de courte durée pour le programmateur, qui dut, peu après, marquer de sa présence les diverses projections à l’Utopia. Où ça grouillait de monde et où, une semaine après début des festivités, aucune lassitude ne se fit sentir côte du public.

J’ai eu droit, pour ma part, à une dernière projection du film autrichien The Ground beneath my Feet (Der Boden unter den Fuessen), qui a réussi à m’impressionner tout en me laissant quelque peu sur ma faim. Propos intéressants d’une jeune business woman fonceuse, dont la carrière est menacée par un burn out provoqué par la charge supplémentaire d’une sœur suicidaire. Ce qui est plutôt réussi dans ce film, c’est l’implication professionnelle exacerbée, les jeux concurrentiels qui mènent à la manipulation subtile et au constat que les femmes arrivistes finissent par utiliser les mêmes moyens que leurs concurrents mâles.

Moins clairs resteront, jusqu’à la fin, le fond et la forme de la relation sentimentale que la protagoniste principale entretient avec sa supérieure. Laisser le spectateur dans le brouillard, là où le privé et le professionnel sont le plus intimement liés, provoque une certaine frustration à la sortie de ce film par ailleurs intéressant et bon sujet à débat.

© Claude Neu
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Toute frustration est aussitôt dissipée quand on a le plaisir d’enchainer avec une soirée COD (Critic on demand) des belges Hugues Dayez (Monsieur cinéma de la RTBF) et Rudy Leonet (fondateur de Pure FM), qui a eu lieu, pour sa première à Luxembourg, devant un public enthousiaste dont une partie n’a pas hésité à traverser la frontière belge pour suivre le jeu bien huilé des deux loustics. Le principe est simple: Rudy sillonne la salle à la recherche de cinéphiles qui suggèrent deux titres de films, parmi lesquels Hugues a la liberté d’en choisir un et de le commenter spontanément.

Farces et jeux de mots font partie de la soirée drôlissime, pendant laquelle on apprendra des anecdotes sur les subtilités concurrentielles entre les deux Isabelle (Huppert et Adjani), mais aussi sur le talent de Jerry Lewis, bien supérieur à celui d’un Kevin Costner, acteur passable mais réalisateur médiocre.

On peut, sans hésiter, prétendre que cette 25e soirée COD fut la première à autant faire rire et interagir le public du LuxFilmFest. Dont ce sera, aujourd’hui, l’apothéose avec la remise des prix et la première nationale de la co-production luxembourgeoise attendue Tel Aviv on Fire co-produite par Samsa film.

Petite pause bienvenue pour le ciNEUphile, qui vous donne rendez-vous lundi pour un dernier bilan de ce jour et de la soirée de clôture demain dimanche avec Matthew McConaughey dans le film déjanté The Beach Bum de Harmony Korine.

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