
La phobie scolaire, appelée aussi refus scolaire anxieux, toucherait entre 1 à 5% d’enfants de 2 à 15 ans. La notion a été introduite en 1941 par la psychiatre américaine Adélaïde Johnson. "Il s ’agit d une pathologie, c’est une manifestation d ’anxiété importante liée à l’école", souligne le docteur Dali, pédopsychiatre au Centre Hospitalier de Luxembourg. Cette phobie est liée à la peur de l’inconnu et peut surgir "même au lycée , voire à l’université, elle est due à des relations sociales problématiques".
Anxiété, vomissements, mal à dormir et maux de ventre font partie des signes fréquents. "Il y a plein de facteurs à prendre en compte, comme pour le harc èlement. Pour l’enfant concerné, c’est une crainte qu’il lui arrive quelque chose hors de la maison, c’est un état de détresse." Le jeune peut le formaliser en disant: "Je ne veux pas y aller", par exemple. "C’est le rôle des parents d’observer et d’être à l’écoute, car oui , il faut s'inquiéter et essayer de comprendre ce qu il se passe. Surtout ne minimisez pas."
L’enfant qui rechigne à l’idée d’aller à l’école n’est pas forcément un mauvais élève ou un jeune à problème. "On peut ne pas aimer l’école, cela arrive, mais un enfant qui refuse d’y aller, qui pleure, qui crie, cela cache forcément quelque chose." À l’adolescence, c’est encore plus difficile de connaître l’origine du problème, l’ado étant plus secret. Un enfant qui se sent mal en milieu scolaire aura un problème d’interaction, il aura peu de copains. "Attention aux conséquences qui peuvent être graves. Le jeune se sent parfois coupable, il se trouve anormal , voire pas à la hauteur. Soyez vigilant, ça peut vite déraper. Certaines personnes sont allées jusqu'au suicide", alerte le professionnel.
Des thérapies existent. "En cas de doute, consultez votre médecin ou un psychologue. Essayez de garder une relation de confiance avec votre enfant, c’est essentiel."