
Jérôme est expert en appareillage et investigations audiométriques, tandis qu’Isabelle est spécialisée dans la prise en charge psychologique des acouphènes.
Il s’agit de la perception d’un son qui n’est pas émis par une source externe: sifflement, chuintement, bourdonnement, grésillement... Leur intensité et leur fréquence peuvent varier, ils peuvent être permanents ou intermittents et fluctuer au gré des jours. Ces sons sont dans 80-90% des cas générés par le cerveau en réponse à une absence de stimulus.
Il existe deux types d’acouphènes: les subjectifs (95%), qui ne sont entendus que par le patient, et les objectifs (5%), que l’examinateur peut percevoir avec un stéthoscope.
Les acouphènes ne sont pas une pathologie, mais un symptôme.
• Les causes auditives:
Dans la plus grande majorité des cas, les acouphènes sont liés à une perte d’audition due à l’âge (presbyacousie).
Ils peuvent aussi résulter de traumatismes sonores (concert, bruit explosif, etc.) ou du travail en milieu bruyant. Ils apparaissent souvent après une période de fatigue, de stress, même si ce lien n’est pas encore scientifiquement prouvé.
• Les causes non auditives:
Les acouphènes peuvent être d’origine somato-sensorielle (tensions musculaires, arthrose cervicale, bruxisme) ou d’origine infectieuse, et parfois même d’origine psychogène (émotions, stress, fatigue).
Les effets des acouphènes sur la vie quotidienne
La plupart des patients finissent par accepter leurs acouphènes. D’autres, incapables de lâcher prise, luttent chaque jour, ce qui peut provoquer une grande souffrance et des troubles psychologiques graves. L’acceptation est essentielle, car on ne peut pas changer ce phénomène.
Pour les acouphènes chroniques d’origine auditive, il n’existe pas de traitement universel: ni médicaments, ni opération. Certaines thérapies peuvent toutefois soulager les symptômes et apporter un réel confort.
L’appareil auditif peut aider quand l’acouphène est lié à une perte auditive en réactivant la stimulation cérébrale. Des thérapies sonores, via des générateurs de bruit programmés, peuvent également convenir à certains patients en couvrant l’acouphène.
Lorsque l’acouphène a un impact négatif sur la qualité de vie de la personne ou génère une souffrance psychologique, une thérapie cognitivo-comportementale peut être proposée. L’objectif de cette thérapie est d’accompagner la personne dans l’acceptation de l’acouphène. Il est important de démystifier les fausses croyances par des informations claires et de trouver des stratégies pour sortir du cercle vicieux émotionnel. D’autres thérapies, comme l’acupuncture, la relaxation, l’hypnose, le yoga ou la sophrologie, peuvent également aider.
Les acouphènes d’origine non-auditive peuvent parfois être soulagés par la kinésithérapie ou un traitement médicamenteux.
Couvrir l’acouphène avec un fond sonore: musique, radio, podcasts, fontaine d’eau, pour éviter le silence qui accentue la perception de l’acouphène.
Adoptez une bonne hygiène de vie, évitez les abus (caféine, alcool, nicotine) et le manque de sommeil.
Évitez le stress et la focalisation sur l’acouphène par des activités physiques et des occupations sociales (promenades dans la nature, sport, loisirs, sorties…).
Dès les premiers symptômes il est essentiel de consulter un médecin ORL, qui va établir le diagnostic et orienter le patient vers la thérapie adaptée à son cas.