Hëllef fir d'Natur"Il faut sauver nos forêts avec de jeunes arbres et de nouvelles espèces"

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Ce vendredi marque la journée internationale de la forêt, l'occasion idéale pour poser quelques questions à Patrick Losch, président de la fondation "Hëllef fir d'Natur" dont le but est de protéger la nature et de préserver la biodiversité au Luxembourg.
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L’invité de RTL a expliqué que le Grand-Duché compte 90.000 hectares de forêts, soit environ 33% de la superficie totale du pays. Il déplore que la disparition de nombreux arbres continue sans relâche, un effet qui s’accélère en raison des nombreuses périodes de sécheresse intense ou de précipitations extrêmes alors que les arbres qui poussent dans nos contrées sont plutôt habitués à des températures modérées et des pluies régulières.

Pour Patrick Losch, “il faut renouveler la base de nos forêts avec de jeunes arbres et de nouvelles espèces afin de renforcer la biodiversité et de trouver des éléments qui résistent aux nouvelles conditions climatiques”.

Les conifères représentent un tiers des forêts luxembourgeoises, avec l’épicéa qui occupe une place prépondérante chez nous. Originaire des forêts scandinaves, il a été planté chez nous pour des raisons économiques. Ce sont surtout ces arbres, présents le plus souvent dans l’Ösling, qui souffrent le plus du climat actuel et qui ne peuvent pas être remplacés. Lors de sécheresses, les conifères sont souvent la proie d’un parasite comme le scolytes et peuvent mourir endéans les six semaines.

Les deux autres tiers sont des feuillus, dont la présence est plutôt marquée dans le Gutland, au centre et au sud du pays. Ces arbres ont l’habitude d’abandonner des parties de leurs corps quand ils sont exposés à la sécheresse, “ce qui est très dangereux, car c’est d’abord le tronc qui se meurt, ce qui provoque la chute de nombreuses branches mortes”, explique Patrick Losch.

Le président de la fondation souligne qu’il faut absolument protéger ces forêts ainsi que les futures plantations, car le gibier adore manger les jeunes plantes, surtout les chênes. Cette disparition d’arbres n’est pas complètement homogène, les arbres meurent un peu partout et il est difficile pour les autorités de faire un état des lieux précis: “on ne peut pas mettre des clôtures partout pour protéger les arbres des chevreuils, nous avons donc vraiment besoin d’une réforme de la chasse”.

L’invité de RTL ne veut pas “lancer un débat sur le nombre d’animaux abattus par les chasseurs, mais pour permettre aux nouvelles forêts de se développer, et aux forêts en général de rajeunir, nous avons besoin de chiffres concrets, grâce à des instruments de mesure. Chaque parcelle de chasse devrait en posséder un, et aussi longtemps qu’une espèce d’arbre ne sera pas capable de survivre, il faut supposer qu’il y a trop de gibier dans le secteur”, précise Patrick Losch.

La réponse des chasseurs est assez mitigée, certains comprennent la situation, d’autres ont l’impression que les dégâts dans les forêts sont leur responsabilité. Une situation problématique si tout le monde ne participe pas à cette solution de mesure. “La prise de conscience pour le rajeunissement de nos forêts n’a pas encore réellement pris, il faut aussi avouer que cette problématique touchant les chênes et les hêtres est assez récente”, conclut Patrick Losch.

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