Secteur des soins au Luxembourg"Help" et "Doheem versuergt" fusionnent

Marc Hoscheid
Diana Hoffmann
adapté pour RTL Infos
La fusion entre les deux entités est avant tout administrative. Elle ne changera quasiment rien pour les patients.
© René Pfeiffer

Il s’agit d’une fusion historique pour le secteur des soins au Luxembourg : le réseau “Help” et le service “Doheem Versuergt” de la Croix‑Rouge se regroupent.
Le nom Help sera conservé, mais désormais sous l’égide de la Croix‑Rouge. Si un certain nombre d’adaptations vont intervenir au niveau administratif, les patients ne devraient remarquer aucun changement.

Help emploie plus de 1.500 salariés, dont la majorité visite les patients à domicile, mais une partie travaille également dans des structures fixes. Le service est actif dans tout le pays, ce qui permet de prendre en charge environ 7.000 personnes différentes par an. A l’avenir, le patient restera au centre des préoccupations et, dans le meilleur des cas, la fusion ne devrait avoir aucune répercussion sur sa prise en charge. Le grand avantage pour les bénéficiaires sera une plus grande transparence, car ils sauront clairement qui est leur interlocuteur. La décision de fusionner a été prise dans le contexte d’une situation difficile dans le secteur, comme l’a expliqué Guillaume Steichen, le président de Help.

L’accès [aux soins] est insuffisant, il y a beaucoup de personnes qui sont laissées au bord de la route. Nous manquons de personnel, nous avons effectivement aussi des problèmes au niveau des contraintes financières du côté de la Caisse [nationale de Santé], nous avons une population qui vieillit et de plus en plus de pathologies chroniques. Tous ces éléments sont évidemment des défis que nous devons relever ensemble.

Après la fusion, la nouvelle structure reste toujours le numéro deux du secteur des aides et soins à domicile au Luxembourg, derrière la fondation Hëllef Doheem, qui regroupe des acteurs du domaine ecclésiastique. La concurrence était devenue de plus en plus forte ces dernières années, surtout de la part d’acteurs privés.
Le directeur général de la Croix‑Rouge, Michel Simonis, se montre néanmoins optimiste, même si les valeurs de la Croix-Rouge compliquent un peu la vie par rapport à la concurrence :

Aujourd’hui, nous nous positionnons comme un très bon acteur et nous parvenons à réaliser toutes nos ambitions.Mais l’une de nos ambitions — et je l’ai évoquée auparavant — est d’assurer une couverture nationale. Nous nous rendons dans chaque coin du pays et il n’y a qu’un prix unique. Une minute de soins coûte autant à Weiswampach qu’en pleine capitale ou au centre d’Esch. Or, lorsque vous regardez aujourd’hui, d’autres acteurs vont de manière ciblée là où ils ont relativement beaucoup de clients réunis, et disent : ‘Nous faisons des aides et soins à domicile ici’. Ils reçoivent le même prix et c’est là qu’ils peuvent dégager une petite marge.

Les salariés ne devraient pas avoir à craindre des répercussions négatives de la fusion, et certainement pas au niveau financier.

Dans ce domaine, nous sommes de toute façon couverts par la convention collective SAS, c’est-à-dire du Secteur d’aide et de soins et du secteur social. Et cette convention prévoit que lorsqu’on change d’employeur, même volontairement, on conserve son ancienneté et ses droits acquis. Et ici, il s’agit de toute façon d’une reprise : un groupe entier de salariés a intégré la Croix‑Rouge, où, évidemment, tous les acquis sont maintenus.

En plus de cela, les salariés bénéficient désormais de l’avantage de travailler pour un employeur bien plus grand, ce qui leur offre une mobilité interne plus large, c’est‑à‑dire la possibilité de pouvoir changer de poste au sein du groupe. Cela vaut non seulement pour le groupe Help, mais aussi pour la Croix‑Rouge, où travaillent environ 3.500 personnes.

On peut dire que cette fusion est la dernière étape d’un processus d’intégration qui s’est étendu sur plusieurs années. La création de Help remonte d’ailleurs à 1998, année de la mise en place de l’Assurance dépendance.

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