
“Sous le regard de dieu, j’ai tué Lucifer” a déclaré l’accusé de 47 ans ce vendredi matin au tribunal de Luxembourg en ce premier jour de procès pour assassinat, meurtre et tentative de meurtre dans un affaire qui remonte au mois de décembre 2022.
Le 22 décembre de cette année, la police retrouvait le cadavre d’une femme âgée de 32 ans dans un appartement de Bonnevoie. Les détails fournis par le médecin légiste ce vendredi ont permis de comprendre assez rapidement qu’il s’agissait clairement d’un meurtre. La tête et les bras ont été coupés du reste du corps, la femme était nue et des morceaux de peau ont été retrouvé dans un sac posé à côté du corps.
La mort a été causée par des coups de couteau dans la gorge alors que les autres blessures ont été infligées après le décès. Des éléments qui, selon le médecin, sont des preuves que l’auteur avait des hallucinations et qu’il était convaincu que la victime était possédée. Les coups de couteau portés de manière très précise aux yeux correspondent à un patient psychotique. Un constat confirmé par le rapport psychiatrique.
Le même jour, l’accusé s’en était également pris à son colocataire, un homme aujourd’hui âgé de 30 ans, qui avait visiblement du mal à maîtriser ses émotions devant le tribunal. Ce 22 décembre, il n’avait rien remarqué de particulier chez l’accusé. A un moment donné, ce dernier était arrivé dans sa chambre, où il était en train d’étudier pour ses cours du soir. Il lui avait seulement demandé « ça va ? », avant de l’attaquer avec le couteau. Le colocataire avait saisi l’arme, ce qui lui avait causé une grave blessure à la main, entre autres. Il avait aussi reçu un coup de couteau dans la poitrine, une blessure qui aurait pu être mortelle.
L’expert a énoncé une schizophrénie paranoïaque, l’accusé était d’ailleurs sous traitement stationnaire à Ettelbruck en raison de ses délires. Son état s’était ensuite stabilisé grâce aux médicaments, il avait notamment travaillé dans un atelier thérapeutique, habité dans un appartement thérapeutique et suivait encore des traitements réguliers.
En raison du bon développement de sa maladie, il avait finalement dû quitter l’appartement avant de rejoindre une colocation à Bonnevoie, là où s’est produit le meurtre quelques mois plus tard. L’expert n’était pas en mesure de fournir d’explications claires quant à la rechute de l’homme de 47 ans.
Atteint par cette schizophrénie paranoïaque, n’étant plus capable de reconnaître le bien du mal, l’accusé était persuadé, à travers ses actions, de faire “du bien”. La question que devront se poser les juges est de savoir si l’accusé peut être considéré responsable de ses actes vu sa condition psychique. Le procès se poursuivra la semaine prochaine.