Recherches au LuxembourgLe diabète détecté dans la voix grâce à l'IA

Lynn Cruchten
Un projet montre à quel point la recherche est importante en médecine et comment l'IA peut aider: il s'agit découvrir si quelqu'un souffre de diabète de type 2 en analysant sa voix.
© Domaine public

Une équipe de chercheurs du LIH, le Luxembourg Institute of Health, a développé sous la direction du Docteur Guy Fagherazzi, une technologie qui analyse des voix. Chez les diabétiques, il y a des modification vocales qui ne ne sont peut-être pas perceptibles par l’oreille humaine, mais qui peuvent être détectées grâce à l’intelligence artificielle, explique le Docteur Fagherazzi.

Les personnes qui ont un diabète ont une voix différente des personnes qui n’ont pas de diabète, et ça s’explique par plein de petits facteurs et mécanismes différents. L’hyperglycémie des personnes diabétiques, la fatigue, des neuropathies, qui peuvent être présentes chez ces personnes-là et également une voix globalement un peu plus rauque quand on a un diabète qui est présent.”

© RTL


Les données ont été collectées via l’étude internationale Colive Voice. À ce jour, elle compte plus de 8.000 échantillons de voix dans différentes langues. Pour l’analyse spécifique du diabète de type 2, un échantillon de voix anglaises d’environ 600 personnes originaires des États-Unis a été utilisé. Les gens ont dû lire un texte de 20 à 30 secondes, puis les enregistrements ont été comparés par l’IA au matériel de base.

Le Docteur Fagherazzi : “Et donc, on a pu montrer, par exemple, que les personnes qui avaient un diabète de type 2, avaient des scores très élevés par rapport aux personnes qui n’avaient pas de diabète, ou c’était beaucoup plus faible. Et c’est ça qui nous permet de séparer les deux groupes.”

On estime qu’environ 800 millions de personnes dans le monde souffrent de diabète, mais seulement la moitié d’entre elles sont diagnostiquées. Cette nouvelle technologie devrait informer facilement et rapidement sur un risque de diabète.

Le Docteur Fagherazzi : “Aujourd’hui, avec la voix, on ne remplacera jamais un diagnostic de diabète qui doit être fait dans un laboratoire avec une prise de sang et l’évaluation de la glycémie. Nous ce qu’on veut, c’est détecter des personnes qui sont à haut risque de développer un diabète. Et donc là aujourd’hui avec les technologies qu’on a développées, on est correct dans à peu près 75% des cas. Avec le temps on va s’améliorer encore, on l’espère.”

Plus les chercheurs disposeront d’échantillons vocaux, plus l’outil pourra devenir précis, ajoute le Docteur Fagherazzi. C’est pourquoi il appelle les volontaires à participer à l’étude via le site internet www.colivevoice.org.

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