Le Luxembourg est-il toujours le pays de la voiture ? La popularité de l’Autofestival, qui débute le 24 janvier prochain, et le défilé de voitures de luxe dans les parkings laissent penser que la réponse est oui. Mais en 2026, à l’heure de la gratuité des transports en commun et de la mobilité douce, les résidents sont-ils toujours aussi attachés à leurs voitures ?
En prélude à une émission Cosmopoly consacrée au sujet, RTL Infos est allé promener son micro dans les rues de la capitale. Dans cette zone urbaine, on croise beaucoup de gens sans voiture et d’autres qui préfèrent laisser leur véhicule à la maison ou dans un parking pour venir en ville :
“Moi, je fais tout à pied, je n’ai même pas de voiture.”
“J’ai une voiture, je viens tous les matins en voiture, mais pas ici en ville, je m’arrête au parking Bouillon, parce que je pense qu’ici en ville c’est ‘incirculable’”.
“Je pense que ça change avec le tram. Parce qu’on peut observer que, dans le centre- ville, personne n’est en voiture maintenant.“
“Le pays de la voiture... J’imagine que ça dépend de la région, parce que, ici, il n’y en a pas forcément besoin. Moi, je n’en ai pas, en tout cas, je n’en ai pas besoin.”
“C’est vrai que si vous n’habitez pas en ville, que vous n’avez pas de bonne connexion avec les transports en commun, ici au Luxembourg, vous êtes très dépendant de la voiture quand même.”
Ce dernier jeune homme, qui pourtant ne possède pas de voiture, semble lucide sur le cas du Luxembourg : “Évidemment, c’est le pays de la bagnole, depuis des décennies en fait. C’est un peu comme tout développement des pays occidentaux, c’est-à-dire qu’après la Deuxième Guerre mondiale, ce sont les manufactures ici en Europe - c’était la fierté de l’Europe, bien sûr, les bagnoles allemandes, françaises, italiennes et anglaises -, qui ont pris le dessus. Et puis tout l’urbanisme, l’aménagement du territoire ont été conçus pour se déplacer en voiture.”
Outre le fait que, d’après une étude réalisée en 2023, le Luxembourg compte la plus forte densité de voitures (698 pour 1.000 habitants), les modèles de luxe seraient privilégiés : on y croise plus de Porsche que de Dacia. Statistique confirmée par quelques témoignages :
“Je vois régulièrement des voitures de luxe, même dans le garage de mon immeuble. Mais je ne crois pas que ce soit si répandu.”
“C’est vrai qu’en comparaison avec les pays voisins, les gens ont tendance à posséder des voitures haut de gamme. Mais en même temps, avec la gratuité des transports publics, les gens privilégient de plus en plus cette option.”
“On voit très peu de voitures qui ont en plus de 3-4 ans ici. Mais j’habite en ville, je n’ai pas de voiture, je fais tout à pied, c’est peut-être la nouvelle mode.”
Et lorsqu’on demande à cet adepte de la marche son avis sur le fait que des gens dépensent autant d’argent dans un véhicule aujourd’hui, en 2026, la réponse est sans appel : “J’ai du mal à y penser, parce que moi-même j’ai pris la décision de ne pas avoir de voiture. Je crois que c’est une folie si on habite en ville. Mais si on habite en dehors, on en a besoin.”