
Dans quelques années, les dépenses de la Caisse nationale d’assurance pension seront supérieures aux recettes au Luxembourg. Cela pourrait se produire en 2028, mais il semble que ce sera le cas dès 2027, selon le bilan technique de l’IGSS, l’Inspection générale de la Sécurité sociale.
Alain Reuter, président de la Caisse nationale d’assurance pension expliquait jeudi sur RTL. “Nous parlons là d’un ordre de grandeur de 100 millions d’euros”, de dépenses supplémentaires par rapport aux recettes, “ce qui ne représente pas grand-chose par rapport aux 8 milliards de dépenses à ce moment-là”.
“L’équivalent d’une semaine de dépenses sur un an.” a-t-il ajouté. Et cela pourrait se produire dès 2027 si l’on en croit les prévisions de l’IGSS. Pour sa part, Alain Reuter n’a pas voulu qualifier cette date de “mur des pensions”, qui correspondra vraiment au moment où “les réserves seront complètement épuisées”. Il a préféré parler d’un “écran de brouillard”.

La réforme de 2012 prévoit déjà des mesures si les dépenses dépassent les recettes, dont le modérateur d’ajustement. À côté de l’indexation, les pensions seront encore ajustées. Mais le directeur de la CNAP a souligné que cette mesure agira seulement quand “il sera trop tard”. De plus, cette mesure, même si elle intervient plus tôt, ne suffira pas, selon lui.
Par conséquent, pour Alain Reuter, d’autres dépenses devront être réduites ou transférées. Par exemple, les préretraites, les reclassements ou les indemnités d’attente sont plutôt des dépenses qui relèvent du droit du travail et pourraient être prises en charge par d’autres caisses. Ne plus prendre en compte les “années d’éducation”, n’est pas une option. Le directeur de la CNAP estime plutôt que l’Etat devrait mettre en place un contre-financement pour ces années-là, car il n’en existe pas actuellement.
Jeudi matin, Alain Reuter a également expliqué “qu’au cours des 10 prochaines années, 4,4% de personnes en plus par an demanderont leur retraite.” Aujourd’hui, 2,4 salariés actifs financent un retraité.