
On n’entend plus que ça: le Luxembourg est en crise et l’économie du pays accuse le coup. La fondation Idea indique d’ailleurs ce jeudi que tous les signaux “semblent confirmer les prévisions de récession” au Grand-Duché. En cause: la succession des “chocs” qui ont fait suite à la pandémie de coronavirus.
Inflation, hausse des taux d’intérêt, difficultés d’approvisionnement: tels sont les facteurs mis en avant par le “think tank” luxembourgeois dans sa publication annuelle en cette fin du mois de mars. Et les secteurs qui en ont le plus souffert ont d’ores et déjà été identifiés.
C’est dans le domaine de la construction que le plus d’emplois ont été perdus en 2023, confirme le directeur de la fondation Idea, Vincent Hein. Cependant, d’après les données du Statec, c’est le secteur de la logistique (transports et entreposage) qui affiche la plus grosse baisse d’activité (7,7%).
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Les activités financières et d’assurance (-7%) ainsi que la construction (-7,4%) viennent compléter le podium. Mais le “Grand-Duché reste le pays des bonnes nouvelles”, assure Jean-Baptiste Nivet, économiste à la fondation Idea. En effet l’économie du pays s’est montrée particulièrement résiliente pendant la pandémie.
Ce nouvel épisode de crise est “plus difficile à encaisser”, admet tout de même Vincent Hein. Mais certaines branches de l’économie luxembourgeoise ont réussi à tirer leur épingle du jeu à l’image du secteur de l’IT qui a continué à progresser en 2023 (+7,1%). Il pèse d’ailleurs de plus en plus lourd sur l’économie du pays.

Malgré de nombreuses pertes d’emploi l’année dernière, l’Horeca a aussi enregistré une progression significative en termes de valeur ajoutée brute (+6,1%). La fondation Idea rappelle cependant que cela reste inférieur au niveau d’avant-crise (15%), “probablement à cause des hausses des coûts depuis 2022”.
Enfin, après avoir connu une année 2022 difficile, le secteur industriel semble avoir retrouvé des couleurs (+3,3%). Une branche qui pourrait “porter” l’économie luxembourgeoise dans les années à venir, si l’on en croit certains experts. En attendant, le Luxembourg devra chercher des solutions aux grandes problématiques qui se profilent à l’horizon.
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Le financement des retraites fera assurément partie des grands chantiers à entamer pour assurer la pérennité et l’attractivité du modèle luxembourgeois. Mais avant d’en arriver là, il faudra s’attaquer à ce qu’on appelle “les freins structurels” tels que la production de logements pour pouvoir espérer attirer les “talents” de demain au Grand-Duché.