
"Il y a eu des manifestations festives qui ont été émaillées d'un certain nombre de débordements, ce qui correspond à la situation que nous avions prévue et donc anticipée", a assuré le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez lors d'un point presse vers 1h30 dimanche. Il a annoncé "416 interpellations, dont 283" pour la seule agglomération parisienne. "Ces débordements sont absolument inacceptables", a-t-il martelé.
Le patron de la place Beauvau a également évoqué sept policiers blessés, dont un grave à Agen, victime d'un traumatisme crânien, lors de débordements dans une quinzaine de villes sur l'ensemble du territoire, notamment des pillages à Rennes, Strasbourg, Clermont-Ferrand ou Grenoble.
A Reims, le maire de la ville Arnaud Robinet a publié sur Facebook un court message mentionnant "quelques interpellations".
La préfecture de police de Paris (PP) a annoncé plus tôt avoir saisi 24 torches et une centaine de mortiers. Six véhicules et deux commerces ont été dégradés, une boulangerie et un restaurant Porte de Saint-Cloud. Un peu plus au sud, une journaliste de l'AFP a observé des tirs de feux d'artifice en continu et des jeunes grimper sur un camion de pompiers.
"Quatre tentatives de blocage du périphérique ont entraîné des interventions extrêmement rapides des forces de l'ordre qui ont débloqué systématiquement la situation", a encore expliqué le ministre.
Des projectiles ont aussi été lancés sur les forces de l'ordre près de l'avenue des Champs-Elysées, où étaient réunies 4 à 5.000 personnes durant le match, avant que des milliers d'autres y convergent après la fin de la rencontre, selon la PP.
La mairie du 8e arrondissement, théâtre de débordements sur les Champs-Elysées, réclame dimanche "le zéro rassemblement" sur la célèbre avenue pour prévenir les scènes de violence.
"Samedi soir, en marge de la finale de la Ligue des Champions opposant le Paris Saint-Germain à Arsenal, l'avenue des Champs-Élysées et ses abords ont cessé d'être un espace de fête pour devenir une arène de guérilla urbaine", dénonce la mairie dans un communiqué virulent.
"Puisqu'il est impossible de célébrer un match sans basculer dans l'émeute, la seule réponse de bon sens est une nouvelle doctrine: le "zéro rassemblement"", réclame-t-elle.
Pour la maire LR du 8e arrondissement, Catherine Lécuyer, le bilan de la nuit est "un réquisitoire de l'impuissance publique", avec des "violences multiples contre les forces de l'ordre, tirs de mortiers contre les polices et contre des habitations, feux de poubelles et de voitures, dégradation de véhicules de police, nombreux pillages".
Dans le 8e arrondissement, des individus ont tenté d'attaquer le commissariat avant d'être dispersés.
Une source policière a assuré à l'AFP qu'une personne avait été blessée par arme blanche à Barbès et un homme, alcoolisé, est tombé dans la Seine dans le 5e arrondissement.
Du côté du Parc des Princes, quelque 150 personnes ont "tenté de pénétrer au niveau d'une porte d'entrée" du stade, mais une manoeuvre policière pour les repousser a permis de rétablir le calme "quelques instants plus tard".
Un peu plus tard, selon une journaliste de l'AFP présente sur place, des heurts ont éclaté entre policiers et supporters au niveau de la porte de Saint-Cloud, à proximité du Parc. Des mortiers d'artifice ont été lancés sur les forces de l'ordre, qui ont riposté avec des gaz lacrymogènes.
La préfecture a assuré avoir préparé "avec minutie le dispositif de sécurité de la finale de la Ligue des champions", ainsi que celui des autres événements qui sont organisés en même temps dans la capitale, dont un match de rugby, la suite du tournoi de tennis de Roland-Garros ou encore plusieurs concerts, dont celui de la chanteuse Aya Nakamura au Stade de France ou celui du rappeur Damso à la salle Paris La Défense Arena.
Avec 22.000 policiers et gendarmes mobilisés, dont 8.000 pour Paris et son agglomération, les forces de l'ordre avaient prévu un dispositif sécuritaire hors norme.

"Notre responsabilité est de garantir à chacun une fête populaire, sereine et pleinement sécurisée", avait encore affirmé la PP, rappelant ses consignes de "réactivité, d'engagement et de fermeté".
Nombre de transports en commun ont été mis à l'arrêt. "En raison des très nombreux rassemblements, le réseau est fortement impacté avec de nombreuses lignes arrêtées pour garantir la sécurité des voyageurs et des conducteurs", a ainsi annoncé IDF Mobilité sur son compte X.
L'année dernière, 5.400 policiers et gendarmes avaient été déployés à Paris et son agglomération. Au total, on dénombrait 563 interpellations (dont 491 à Paris), qui avaient conduit à 307 gardes à vue (202 à Paris).
Les joueurs participeront à une parade dimanche après-midi au Champs-de-Mars (15e), où près de 100.000 personnes sont attendues, avant d'être reçus par Emmanuel Macron à l'Elysée.