Dès ce lundi 1er janvier 2024Le chèque repas devient plus avantageux au Luxembourg

Maurice Fick
D'une valeur de 10,80€ jusqu'ici, le chèque repas vaudra 15€ dès ce 1er janvier 2024 si votre patron suit le mouvement. Un avantage dont les salariés -qui ont la chance d'en bénéficier- pourront profiter bien plus largement dorénavant. Explications.
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C’est le dessert promis de longue date par le gouvernement Bettel-Lenert qui fera finalement office d’entrée pour la nouvelle année. Annoncé à la mi-juin 2023 par Yuriko Backes, alors ministre des Finances, la modernisation et la digitalisation du régime des chèques repas a été validée par règlement grand-ducal le 25 septembre et entre donc bien en vigueur ce 1er janvier 2024 pour le plus grand bonheur des salariés... qui en bénéficient au Luxembourg. Soit près de 80.000 salariés dont les entreprises ne disposent pas de cantine pour déjeuner, mais dont les patrons ont opté de plein gré pour la formule du chèque repas.

Cet avantage salarial devient un peu plus conséquent encore, puisque la valeur du chèque repas passe de 10,80€ à un maximum de 15€ alors que la contribution de 2,80€ des salariés reste la même. L’idée de départ était de soutenir concrètement leur pouvoir d’achat alors que l’inflation se faisait ressentir toujours plus nettement au Luxembourg.

L’autre objectif de la nouvelle mesure est d’utiliser l’”outil important” du chèque repas “pour soutenir le secteur de la restauration”, avait déclaré Yuriko Backes en juin. François Koepp, secrétaire général de l’Horesca, estime que les restaurateurs tireront profit de ce changement de valeur faciale et qu’”il y aura plus de consommation” puisque les salariés dispose d’un chèque revalorisé de 39%.

75 euros directement chez le boucher

Pratiquement, les salariés qui disposent de chèque repas, ont désormais beaucoup plus de latitude pour les dépenser. Ils peuvent maintenant utiliser cinq chèques repas par jour au lieu d’un seul. Soit disposer de 75 euros dans la même journée. Autre gros changement de taille aux yeux des restaurateurs et des cafetiers: “Le grand avantage est que le chèque repas peut maintenant être utilisé en toute légalité, le matin, le midi, le soir et le week-end”, note François Koepp. Et même pendant les vacances.

Plus besoin d’aller forcément au restaurant d’ailleurs puisque pour répondre à l’évolution des habitudes alimentaires, la définition du “repas” a été élargie aux achats alimentaires auprès des autres commerçants affiliés aux sociétés émettrices des chèques repas. Concrètement, le salariés peut utiliser son chèque repas chez le boulanger ou le boucher.

Si le chèque repas en papier restera valable jusqu’en fin 2024, la grande nouveauté -déjà largement anticipée par les sociétés émettrices- est la digitalisation des chèques repas. Soit sous forme d’une carte plastique rechargeable ou sous forme électronique via paiement mobile. Fini donc le casse-tête administratif pour les entreprises qui distribuaient manuellement les chèques.

Et plus besoin pour les restaurateurs et les commerçants de vérifier la validité des chèques avant de les encaisser, ni de les envoyer ensuite par courrier aux entreprises émettrices. Les coûts administratifs diminuent grâce à la numérisation, mais “la digitalisation devient plus chère pour les restaurateurs parce que certains prestataires ont augmenté les frais liés à la carte de crédit”, révèle François Koepp.

Débat autour du “ticket resto” en France

En France, les titres-restaurant (qu’on appelle plus couramment Ticket restaurant, Chèque déjeuner, Pass restaurant,...) sont utilisés par plus de cinq millions de salariés pour payer leurs repas ou des prestations alimentaires chez près de 234.000 commerçants.

A l’été 2022, leur utilisation avait été étendue à tous les produits alimentaires, même s’ils ne sont pas directement consommables (farine, pâtes, riz, œufs, poisson, viande, etc.). Cette dérogation devait prendre fin ce 31 décembre 2023. Mais à l’approche de l’échéance, une vague de réactions de salariés sur les réseaux sociaux, puis de la classe politique, ont mis en avant les difficultés liées à l’inflation du moment.

Mi-novembre, la ministre déléguée au Commerce, Olivia Grégoire, avait alors assuré qu’il resterait possible d’utiliser les titres-restaurant pour payer toutes les courses alimentaires “tout au long de l’année 2024”.

Dans la foulée, le ministre de l’Economie Bruno Le Maire a estimé que l’utilisation de ces moyens de paiement pour acheter des produits alimentaires en supermarché pourrait être pérennisée au-delà de 2024, au grand dam des restaurateurs. “Je suis prêt à ce qu’on ouvre la discussion sur l’utilisation plus généralement de ces tickets pour acheter de la nourriture”, avait déclaré le ministre. Le débat pour transformer les titres-restaurant en titres-repas est sur la table.

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