Telle est la question que se pose l'ANASIG, l'Association nationale des assistant(e)s sociaux et infirmier(e)s gradués du Grand-Duché de Luxembourg, dans un communiqué publié jeudi. L'association y formule également un certain nombre de critiques.

L'ANASIG compte 150 membres et est la seule association qui défend les professions d'assistant(e) social(e), d'assistant(e) d'hygiène sociale et d'infirmier(e) diplômé(e) au Luxembourg. Aujourd'hui on ne sait plus combien de personnes exercent la profession d'assistant social, car le registre des professions de santé tenu par le ministère ne semble plus à jour. Le président de l'association, Fabrice Mousel, explique: "Cela se passait toujours comme cela: les employeurs signalaient qui travaillait chez eux (,,,) au ministère. Et à présent, en raison de la nouvelle loi sur la protection des données, l'employeur ne peut plus le faire, mais c'est l'assistant social lui-même qui doit le faire. Et nous, en tant qu'ANASIG, nous nous en étonnons, car nous n'en avons pas été concrètement informés."

Le ministère de la Santé n'a pas informé l'association de ce changement de procédure. Par ailleurs, l'autre gros problème est la pénurie d'assistants sociaux. Il manque du personnel sur le terrain: "Et ces personnes sont souvent aussi submergées par les tâches administratives et n'ont pas suffisamment de temps ou n'ont pas la possibilité d'aller près des gens, sur le terrain", ajoute Fabrice Mousel.

Or il est important d'être présent pour les personnes fragiles, qui se trouvent dans une situation difficile, et de ne pas se contenter de les renvoyer d'un bureau à un autre. Et cela, ça marche seulement sur le terrain: "Nous sommes souvent le tout dernier interlocuteur des personnes en détresse. Nous ressentons les enfants en détresse, nous ressentons le surendettement, nous ressentons le besoin de logements sur le terrain avec les gens, nous ressentons le problème de l'immigration, nous ressentons la crise actuelle. C'est pourquoi nous revendiquons davantage de possibilités, plus de personnel mieux formé. Et aussi l'évolution de la manière d'exercer notre profession. Donner davantage la possibilité aux gens d'aller sur le terrain."

Par conséquent, une simplification administrative est nécessaire, mais il faut aussi donner davantage de moyens à l'Université du Luxembourg afin qu'elle puisse former plus de professionnels, selon Fabrice Mousel.