
On n'en saura pas plus sur la composition du futur gouvernement. Luc Frieden, est apparu vendredi devant la presse aux côtés des présidents des délégations CSV et DP, Claude Wiseler et Xavier Bettel, mais n'a pas abordé la question de l'attribution des portefeuilles ministériels. Pourtant, il le sait, le temps presse. Il a d'ailleurs admis au micro RTL que la situation économique du pays était "compliquée".
Crise de la construction, crise énergétique,chômage en hausse: les dossiers brûlants ne manquent pas pour cette nouvelle coalition en devenir. Et c'est sans parler de la situation géopolitique internationale qui demandera évidemment l'attention des futurs décideurs du pays. Interrogé à ce sujet, le formateur du gouvernement a admis que ces problématiques engendraient une certaine pression dans le cadre des négociations de coalition.
Ces derniers jours, il avait affirmé vouloir avancer aussi vite que possible. Il demandait notamment aux groupes de travail constitués au début des pourparlers de fournir des résultats avant les vacances de la Toussaint. Ce vendredi, il a révisé sa copie. Il faudra finalement plus de temps aux groupes pour aboutir à des conclusions. Luc Frieden leur a donné rendez-vous la semaine du 6 novembre, après les vacances donc.
"On ne pourra pas parler de vacances pour nous", a plaisanté Xavier Bettel. D'après le Premier ministre sortant, les négociations se déroulent "très bien" et "dans le respect les uns des autres". Il affirme qu'en séance plénière, il n'y a pas de rapport "entre petit et grand parti" ce qui permet aux discussions d'avancer "très vite". Dans ce contexte, il a tenu à préciser, le sourire aux lèvres, que les deux partis n'avaient "pas fusionné non plus".

"L'ambiance est bonne (au château de Senningen), meilleure que la météo", a renchéri le formateur du gouvernement. Luc Frieden assure qu'il n'a pas pu identifier de "différends fondamentaux" dans les programmes respectifs des deux partis. Il a d'ailleurs insisté sur le fait qu'aucune décision n'avait été prise à ce stade. "On ne discutera pas pendant des mois mais il faut prendre le temps de faire les choses bien", a-t-il commenté.
Quant à la formation du nouveau gouvernement, il a déclaré "s'il faut un jour de plus, on prendra un jour de plus". Pour toute réponse, il a renvoyé la presse à la semaine du 6 novembre où il promet que les représentants politiques entreront "plus dans le détail". Confronté à la réalité des crises en cours comme celle de la construction, il a dit "tenir compte de la situation" et admis qu'il faudrait éventuellement "aller vite" mais "sans négliger les détails".
Assez vague dans ces déclarations jusque-là, le futur Premier ministre a fini par abattre une partie de ses cartes en déclarant: "Le pays a besoin d'un gouvernement qui sait prendre des décisions, d'autant plus dans les circonstances actuelles. Il nous faut un gouvernement qui dispose de tous les pouvoirs pour prendre un certain nombre de décisions notamment pour répondre aux crises de la construction et du logement."
Une déclaration lourde de sens quand on se rappelle son intervention pré-élections sur RTL au sujet d'une éventuelle réforme fiscale. "La politique fiscale, et notamment la suppression d'une classe d'impôt, est une décision politique", avait-il martelé. C'était d'ailleurs un des points de discorde entre lui et Xavier Bettel lors de leur débat télévisé sur nos ondes.