Son histoire avec le Luxembourg a commencé avec des avions, mais ce sont plutôt les oiseaux que Alan Johnston aime observer. Sa précision scientifique, sa fibre artistique en ont fait l’un des artistes naturalistes les plus reconnus de sa génération avec une vingtaine d’ouvrages à son actif, parus chez des éditeurs aussi prestigieux que Gallimard ou Actes Sud.
Alan Johnston se définit comme “artiste naturaliste de terrain. C’est-à-dire que je ne travaille pas d’après photos, comme beaucoup d’artistes animaliers. Je fais tout sur place, sinon plus tard dans mon atelier mais d’après mes propres photos, mes souvenirs. Il y a très peu de gens en Europe qui fonctionnent ainsi, c’est un apprentissage très long.”
Comment cet Écossais à l’accent “so british” s’est-il retrouvé au Luxembourg ? Une partie de la réponse est dans cette précision que Alan se plaît à rappeler : “Mi-Écossais ! Ma mère était luxembourgeoise. J’ai des souvenirs d’enfance très forts, d’odeurs de saucisse fumée, de grues dans le ciel, de goudron… Mais il faut remonter plus loin. À l’aérodrome du Findel, qui était un tout petit aérodrome comme en Afrique à la fin des années 50. Mon père était copilote sur le DC-3 pour la compagnie Seaboard, ancêtre de Cargolux. Ma mère était une des premières hôtesses de Luxembourg Airlines, qui est devenue Luxair.”
Les carrières professionnelles de ses parents emmènent le jeune Alan en Suisse puis en Angleterre, où il va poursuivre sa scolarité. Le Britannique commence à travailler comme taxidermiste et gardien de réserve à Glasgow, ville natale de son père, avant de s’inscrire à l’École des Beaux-Arts au pays de Galles. Mais un retour au Luxembourg s’amorce dans sa vie…
“À l’occasion d'une visite à ma grand-mère, ma mère avait arrangé un entretien avec le conservateur d'histoire naturelle du musée Fëschmaart, au Marché aux Poissons. J'ai montré mes dessins. J'avais quinze seize ans à l'époque et il s’est montré très intéressé. Il m’a dit : si jamais vous venez à Luxembourg, contactez-moi. En 1986, avec mon diplôme des Beaux-Arts dans la poche, en graphisme et illustration naturelle, j’ai écrit à Norbert Stomp, qui était devenu directeur du musée pour venir faire un stage. Ce stage de trois mois est passé à six mois et finalement quatre ans !”

Après une première publication sur la nature luxembourgeoise aux éditions Saint-Paul, l’artiste naturaliste sent que le Grand-Duché est un endroit idéal, “le pays me plaît, le paysage, la nature. Je me sens bien ici.” Le cadre est parfait pour peaufiner son activité, dans laquelle il peut développer à la fois sa fibre artistique et une dimension plus scientifique, car Alan dessine parfois pour des guides ou des panneaux destinés aux réserves naturelles.
En 2008, notre Écossais du Grand-Duché expose dans les jardins de Wiltz, dans la foulée d’une exposition d’origamis. Présent, l'ambassadeur du Japon est séduit par le travail du naturaliste, ce qui permet à Alan de partir en résidence au pays du Soleil levant quelques années plus tard. Naîtra de cette série de séjours entre 2010 et 2013 le superbe livre Asparagus Green paru aux éditions Apeiron.
Une vingtaine d’ouvrages plus tard, Alan Johnston est un nom reconnu dans la profession, en particulier en France. Son installation au Grand-Duché fait rayonner le pays dans le monde des artistes naturalistes : “En tant qu'artiste luxembourgeois, j'étais très apprécié à l'étranger et je suis toujours. En Grande Bretagne, il y a beaucoup de bons artistes naturalistes. La concurrence était très rude à l’époque. Ici, j'étais vraiment un des seuls il y a 40 ans. Maintenant j'ai des étudiants qui deviennent eux mêmes artistes naturalistes, des jeunes qui prennent la relève.”
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Au Luxembourg :
Exposition ICI ET AILLEURS (Millegalerie)
Esquisses études et aquarelles
Du 15 novembre au 6 décembre 2026
Vernissage Samedi 14 novembre à 18h00
Du Jeudi au Dimanche de 14h à 18h
Moulin de Beckerich
103 Huewelstrooss, L-8521 Beckerich

En France :
Exposition au CIT du Mont Saint-Michel
Jusqu’au 18 novembre 2026