
Le successeur de Brandon McNulty s’appelle Davide Piganzoli. Ça rime et ça correspond aussi au profil du coureur américain. Le talentueux génois de 24 ans passe partout. Son profil (1,74 m, 61 kg) lui a permis d’être très à l’aise quand la route s’est élevée. Mais lorsqu’il a fallu faire parler la puissance sur le contre-la-montre de samedi, le Transalpin a répondu présent. C’est même là qu’il a assuré sa victoire finale en repoussant à plus de 45’’ les Français de la TotalEnergies, Mattéo Vercher et Thomas Gachignard.
Ce dimanche, pour l’ultime chapitre de cette 86e boucle grand-ducale, la star du peloton, Mathieu van der Poel, qui avait abandonné toute chance de bien figurer au classement final depuis vendredi, s’est offert une sortie XXL en solitaire. Sans doute pour peaufiner sa condition en vue de la course en ligne des Mondiaux de Montréal dans une semaine. Peut-être aussi pour voir jusqu’où il pourrait aller dans une étape qui conduisait le peloton de Mersch au Limpertsberg sur 179,8 km.
Pas de quoi, cependant, mettre le feu au lac à un peloton et plus singulièrement à une équipe Visma I Lease a Bike qui ne voyait pas à travers cette initiative une menace. Pas plus que dans la contre-attaque qui s’était organisée pour mener la chasse à l’ancien champion du monde.
Pour Piganzoli, le danger était ailleurs. Alors, l’ancien champion du monde en a profité pour mettre la pagaille jusqu’au bout, essorant un à un les lieutenants envoyés au front pour réduire l’écart.
"Oui je voulais me tester sans nécessairement penser à aller au bout. Quand j’ai entendu que des coureurs étaient sortis derrière, je me suis demandé si j’allais les attendre mais l’écart ne baissait pas rapidement et si c’était pour me retrouver en compagnie de deux trois coureurs qui ne travaillaient pas, j’ai préféré continuer seul", confessait le champion néerlandais.
Avec plus de deux minutes d’avance sur le peloton des hommes forts encore à l’avant-dernier passage de la ligne, le Néerlandais avait de quoi voir venir. Le Pabeierbierg lui était, à la limite, favorable.
Derrière, le Danois Mikkel Honoré se retrouvait en chasse-patate et les cadors s’observaient, faisant le jeu d’un Davide Piganzoli que l’on conduisait tout droit vers la plus haute marche du podium.
Van der Poel, lui, se tournait déjà vers dimanche prochain. "Je crois que c’est un circuit un peu trop difficile pour moi mais on verra sur place."
Avec Van der Poel et Piganzoli à l’honneur, le Tour de Luxembourg s’offrait une belle vitrine alors que le plateau avait souffert de la proximité avec les Championnats du monde programmés au Canada. Les Français Mattéo Vercher et Thomas Gachignard complétaient le podium final.
La boucle aurait sans doute eu besoin de l’une ou l’autre tête d’affiche locale en plus mais les coureurs de la FSCL présents n’ont pas ménagé leur peine pour se montrer. Mais lorsque les meilleurs coureurs du peloton mettent en route, il n’y a plus grand-chose à faire.