Tour du LuxembourgPepijn Reinderink dompte les favoris, David Piganzoli s’empare du maillot jaune

Christophe Nadin
Le festival néerlandais s’est poursuivi sur les routes de la boucle grand-ducale avec la victoire de Pepijn Reinderink. Davide Piganzoli prend la tête de l’épreuve.
© Serge Waldbillig /Skoda Tour de Luxembourg

Mathieu van der Poel a déposé les armes. Piégé par les mouvements de course et pas servi par une équipe décimée et incapable de jouer les gros bras dans le peloton. Le Néerlandais, vainqueur de la première étape et encore troisième du classement général à la veille de cette étape reine, a compris à une quarantaine de kilomètres de l’arrivée que ce n’était pas la peine d’insister. Que la victoire sourirait à un audacieux dont faisait partie son coéquipier Noah Ramsay et qu’il pourrait faire une croix définitive sur la victoire finale dimanche au Limpertsberg.

Mais le Canadien n’allait pas peser bien lourd dans ce circuit final sélectif à souhait C’est un autre attaquant qui allait lever les bras sur la ligne à Diekirch qui accueillait pour la 71e fois une arrivée du Tour de Luxembourg. Un peu plus de 4 heures après le départ de Wiltz.

L’heureux élu s’appelle Pepijn Reinderink, sorti en costaud à quelques bornes de l’arrivée et capable de résister à trois garçons qui s’étaient regroupés dans les derniers hectomètres pour lui contester ce succès. Mais les deux coureurs de la TotalEnergies, Thomas Gachignard et Mattéo Vercher, allaient échouer dans leur entreprise. Davide Piganzoli (Visma), qui les accompagnait après une remontée fantastique dans les 20 derniers kilomètres, se consolait, lui, avec le maillot jaune qu’il enfile et fait désormais de lui le favori à la victoire finale.

Le Lombard de 24 ans, vainqueur de la Route d’Occitanie cette année et huitième du dernier Giro, a le coffre et les marqueurs du coureur passe-partout pour supporter le poids de la pression et aller au bout.

Première victoire professionnelle

Pepijn Reinderink, lui, n’avait pas du tout le classement général en tête. Le Néerlandais d’Almelo signait sa première victoire professionnelle en finissant en solitaire, prenant le temps de se retourner et de savourer, ne semblant pas réaliser l’exploit qu’il venait d’accomplir.

Son équipe Soudal-Quick Step lui aura sans doute soufflé à l’oreille que c’était l’un de ses coéquipiers, Mauri Van Sevenant, qui avait levé les bras sur le même parcours il y a deux ans.

C’est avec une charge émotionnelle bien palpable qu’il se confiait à l’arrivée. "Je savais que je devais arriver en solitaire pour avoir une chance de l’emporter. J’ai vu qu’Igor Arrieta calait dans l’avant-dernière ascension du jour et j’ai décidé de tenter ma chance. Le groupe en chasse était fort, mais j’en avais gardé assez pour lever les bras. C’est incroyable", lâchait le Batave dont on percevait les trémolos dans la voix.

Côté luxembourgeois, la difficulté à s’illustrer dans une course lancée plein gaz sur un parcours aussi sélectif s’est fait ressentir même si Luc Wirtgen, en compagnie de Noé Ury, a tenté de s’extraire du peloton pour revenir sur les échappées mais la tâche était bien trop compliquée. Arno Wallenborn termine 31e à 6’27’’ du vainqueur du jour.

Ce samedi, place à l’exercice contre-la-montre autour d’Ettelbruck sur 26,3 km. Avec cinq coureurs en un peu plus de 30’’, tout est possible. Mais il faudra être sacrément fort pour déloger Davide Piganzoli de son siège de leader.

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