
L'Anglais champion du monde en 1966 est surtout célèbre pour une parade miraculeuse face à Pelé, en 1970, gravée dans l'histoire grâce à l'aphorisme du mythique attaquant brésilien: "Aujourd'hui j'ai marqué un but, mais Banks l'a arrêté".
Les deux Brésiliens ont révolutionné ensemble le poste d'arrière latéral en poussant très loin son aspect offensif. Cafu a remporté les Coupes du monde 1994 et 2002, alors que Roberto Carlos n'a remporté "que" la seconde, Cafu étant capitaine. Ils ont perdu ensemble la finale de 1998 contre la France (3-0).
"Inventeur" du poste de libéro, Kaiser Franz a laissé une des images immortelles de la Coupe du monde en finissant le bras en écharpe le "match du siècle", la demi-finale de 1970 perdue contre l'Italie (4-3 a.p.). Mais il a aussi levé le trophée quatre ans plus tard, à domicile, quand le réalisme de la Mannschaft a brisé le romantisme des Pays-Bas de Johan Cruyff (2-1), puis comme sélectionneur en 1990.
Archétype du défenseur italien, parfaitement placé, toujours totalement concentré et un peu "méchant" s'il le faut, Fabio Cannavaro est le capitaine de l'Italie championne du monde en 2006 (1-1, 5-3 aux t.a.b. contre la France) et son symbole, par son sens exacerbé de la compétition.
Entré dans l'histoire par un doublé, sorti sur un carton rouge, Zizou a marqué plusieurs Mondiaux de son empreinte, en sauveur comme en héros malheureux. En finale contre le Brésil (3-0) en 1998, il s'offre un doublé de la tête pour porter les Bleus vers leur première coupe du Monde. Etincelant en 2006, avec un quart majestueux contre la Seleçao, il est également buteur en finale avec une Panenka sur penalty contre Gianluigi Buffon, mais reste surtout dans l'histoire pour son inoubliable carton rouge après un coup de tête donné à Marco Materazzi en mondovision.
Ce milieu offensif a élevé la simplicité dans le football jusqu'au vertige artistique avec le FC Barcelone. Il symbolise l'Espagne du "tiki taka", ce tourbillon de passes, qui a tout gagné entre 2008 et 2012. Iniesta marque le but de la victoire en finale du Mondial 2010 contre les Pays-Bas (1-0 a.p.), qu'il dédie à son ami Dani Jarque, ancien capitaine de l'Espanyol Barcelone décédé subitement en 2009.
Personne autant que Maradona en 1986 n'a écrasé un Mondial de son talent et de sa personnalité. Au sommet de son art au Mexique, il guide l'Argentine jusqu'au triomphe contre l'Allemagne (3-2) et récidive presque quatre ans plus tard en Italie, mais l'Albiceleste s'incline en finale contre la Mannschaft (1-0). Il reste aussi dans l'histoire pour avoir marqué, à quatre minutes d'intervalle, le plus vilain et le plus beau buts en Coupe du monde, celui de la "main de Dieu" puis son étourdissant slalom dans la défense anglaise.
Le Roi est le seul joueur trois fois vainqueur de la Coupe du monde, de celle de 1958 où il avait 17 ans, au chef d'œuvre de football offensif de 1970. Il a aussi gagné celle de 1962, même s'il a été blessé trop tôt dans ce tournoi. Pelé peut légitimement se poser comme le meilleur joueur de tous les temps.
O Fenomeno a tout connu en Coupe du monde. Sacré sans jouer à 17 ans, en 1994, il est le héros malheureux de la finale suivante, contre la France, où un malaise le matin du match le laisse diminué, puis vaincu (0-3). Le meilleur attaquant de son époque prend sa revanche en 2002: il survole le tournoi et termine meilleur buteur, avec un doublé en finale contre l'Allemagne (2-0).
Après plusieurs échecs douloureux, dont une finale perdue en 2014 contre l'Allemagne, Messi décroche finalement le Graal lors de son cinquième Mondial, en 2022 au Qatar, où il marque 7 buts. Auteur d'un doublé en finale face à la France, il ne tremble pas non plus lors des tirs aux but (3-3 a.p, 4-2 aux tirs au but). A 38 ans et avant de disputer son 6e mondial, Messi n'est qu'à 3 longueurs d'atteindre le record de buts en Coupe du Monde établi par Miroslav Klose (16).
Gordon Banks - Cafu, Franz Beckenbauer, Fabio Cannavaro, Roberto Carlos - Zinédine Zidane, Andrés Iniesta, Diego Maradona - Pelé, Ronaldo, Lionel Messi