
La séquence, tournée dimanche à Villers-lès-Nancy et vue près de 400.000 fois, montre un policier en patrouille tenir des propos particulièrement virulents à l’encontre d’un membre de la communauté des gens du voyage.
Assis côté passager d’un véhicule sérigraphié Police nationale, lunettes noires sur le nez, l’agent s’adresse calmement à son interlocuteur hors champ. Malgré ce ton posé, les mots prononcés sont d’une rare violence. On l’entend déclarer : "C’est moi le chef, j’ai tous les droits ici", avant d’insulter son interlocuteur en le traitant de "trouduc" et de "gros lard". La scène, filmée sans discrétion par une personne présente sur place, dure environ trois minutes.
La vidéo a rapidement circulé sur les réseaux sociaux, atteignant 370.000 vues selon L’Est Républicain, et suscitant de nombreuses réactions. Face à l’ampleur de la diffusion et à la nature des propos tenus, la direction interdépartementale de la police nationale de Meurthe-et-Moselle a annoncé l’ouverture d’une enquête administrative.
Dans un communiqué publié lundi, la DIPN condamne des propos jugés "inadmissibles", "à l’opposé de l’exigence déontologique que nous devons à tous les citoyens". L’administration précise vouloir faire toute la lumière sur les circonstances de cette intervention et sur le comportement de l’agent mis en cause.
Le procureur précise avoir saisi mardi la cellule déontologique de la police de Meurthe-et-Moselle d'une enquête pénale.
Celle-ci est ouverte des chefs d'injure publique envers une personne ou un groupe de personnes à raison de leur origine par une personne dépositaire de l'autorité publique ainsi qu'outrage sexiste par une personne abusant de l'autorité que lui confèrent ses fonctions.
Questionnée par l'AFP, la direction interdépartementale de la police nationale (DIPN) de Meurthe-et-Moselle n'a pas précisé si des mesures conservatoires avaient été prises à l'encontre du policier concerné.
La vidéo, devenue virale en quelques heures, relance une nouvelle fois le débat sur les comportements individuels au sein des forces de l’ordre et sur l’impact des réseaux sociaux dans la mise en visibilité de ces situations.