
Le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères, Xavier Bettel, a mis en garde contre le risque d’un “second Gaza” au Liban si la situation actuelle perdure et a appelé Israël à retirer ses forces du Sud-Liban. S’exprimant à l’issue d’une réunion des ministres des Affaires étrangères de l’UE à Luxembourg, M. Bettel a indiqué être prêt à soutenir des sanctions contre Israël en réponse aux actions menées dans la région.
Bettel a souligné qu’il n’appartient pas à Israël de décider du sort du Liban ni d’établir unilatéralement une zone tampon. Il a rappelé l’opposition constante de l’UE à l’occupation par la Russie de territoires ukrainiens, affirmant qu’il serait inacceptable de fermer les yeux sur des actions similaires de la part d’Israël. Cependant, Bettel a constaté que, malgré des discussions approfondies entre les ministres des Affaires étrangères, six pays de l’UE continuent de bloquer toute mesure contre Israël.
Il a précisé que le Luxembourg ne peut pas imposer de sanctions unilatéralement, car de telles décisions nécessitent l’approbation unanime de l’Union européenne, ce qui rend un accord difficile à obtenir.
Concernant les colonies israéliennes en Cisjordanie, M. Bettel a qualifié la situation d’"inacceptable” et a déclaré que les responsables devraient faire l’objet de sanctions de l’UE. Il a expliqué que les progrès en matière de sanctions étaient lents, principalement en raison de l’opposition de la Hongrie, qui a bloqué plusieurs initiatives. M. Bettel a indiqué que l’UE envisageait actuellement des mesures telles qu’une interdiction des importations en provenance des colonies de Cisjordanie, mais que les importations directes du Luxembourg étaient minimes et transitaient généralement par d’autres pays. Il a souligné l’importance de trouver une approche commune au sein de l’UE.
Concernant le conflit en Iran, Bettel a reconnu la grande complexité de la situation. Il a souligné l’importance stratégique du détroit d’Ormuz, précisant que des mesures politiques, dont une initiative multinationale visant à sécuriser cette voie maritime, ont été prises. Si la capacité d’intervention du Luxembourg est limitée, Bettel a suggéré qu’un soutien pourrait être apporté, par exemple par le biais d’une surveillance satellitaire. Il a toutefois insisté sur la nécessité d’examiner attentivement toute action entreprise.
Bettel a toutefois souligné que la mission de protection de la navigation dans le détroit d’Ormuz ne devait pas devenir une opération de l’OTAN. Il a expliqué que l’article 5 de l’OTAN prévoit une riposte défensive en cas d’attaque contre un État membre, mais a insisté sur le fait que l’initiative actuelle est purement défensive et ne doit pas entraîner l’Europe dans un conflit indésirable. Il a affirmé que si des pays souhaitent participer, ils peuvent le faire, mais que l’Europe doit éviter d’être entraînée dans une guerre qu’elle ne recherche pas.
En réaction aux récentes attaques verbales de l’administration américaine visant les Européens, Bettel a déconseillé de toujours répondre de la même manière.
“Ce n’est pas parce que quelqu’un crie fort qu’il faut crier encore plus fort. Parfois, il vaut mieux tout simplement l’ignorer – cela peut être une réponse encore plus efficace que de crier en retour”, a-t-il déclaré à RTL.