L’audience doit débuter à 13H30 (12H30 GMT) et le procès se tenir théoriquement jusqu’au 11 février dans le palais de justice au cœur de la capitale, avant une décision attendue à l’été.
La triple candidate malheureuse à l’Elysée a été condamnée pour détournement de fonds publics en mars dernier à quatre ans d’emprisonnement dont deux ferme sous bracelet électronique, 100.000 euros d’amende et, surtout, cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire, c’est-à-dire immédiate.
Cette dernière sanction l’empêche de concourir à toute fonction élective, telle que la présidence, ou, en cas de dissolution de l’Assemblée nationale, à sa propre succession comme députée.
Pour se dégager la voie vers le scrutin suprême, la cheffe des députés RN a besoin d’obtenir une relaxe ou une peine d’inéligibilité réduite, le décompte de celle-ci ayant déjà commencé en raison de l’exécution provisoire. La décision devrait être rendue à l’été.
En première instance elle a été reconnue coupable d’avoir mis en place un “système” entre 2004 et 2016 de captation des enveloppes versées par le Parlement européen aux eurodéputés, destinées à rémunérer leurs assistants dans le cadre de leurs fonctions à Bruxelles et Strasbourg.
Pour l’accusation et le Parlement européen, partie civile, lesdits assistants travaillaient en réalité pour le seul parti Front national (FN, devenu RN) ou leurs dirigeants.
Le tribunal correctionnel a établi le préjudice à 3,2 millions d’euros, une fois déduit 1,1 million d’euros déjà remboursé par une partie des 25 prévenus. Seuls 12 des condamnés, ainsi que le parti, ont fait appel.
“J’espère pouvoir convaincre les magistrats de mon innocence”, a rappelé Marine Le Pen lundi en marge des vœux à la presse du président du RN Jordan Bardella. Avec “un seul axe de défense: dire la vérité”, et “en espérant être mieux entendue”.
Mais la patronne du groupe des députés RN à l’Assemblée pourrait cette fois davantage insister sur sa “non-intentionnalité” de commettre les faits qui lui sont reprochés, plutôt que de nier en bloc - dans une stratégie parfois perçue comme une “défense de rupture” en première instance - selon plusieurs de ses proches.
Si Marine Le Pen n’a pas abandonné l’espoir d’être relaxée, une déclaration de culpabilité ne l’empêcherait pas nécessairement de concourir à la présidentielle de 2027.
Mais à une double condition: qu’une éventuelle peine d’inéligibilité soit inférieure à deux ans et que les magistrats renoncent à la condamnation au port d’un bracelet électronique, perçu comme incompatible avec la possibilité de mener une campagne.
Elle a indiqué que la seule décision de la cour d’appel déterminerait son avenir. Sans attendre un éventuel pourvoi devant la Cour de cassation, - ultime recours contre une décision de justice -, même si la plus haute juridiction serait prête à se prononcer, si elle devait être saisie, avant l’échéance présidentielle d’avril 2027.
Neuf mois après sa condamnation, Marine Le Pen a déjà vu son image se dégrader dans l’opinion, l’idée d’une candidature de substitution de Jordan Bardella à l’Elysée s’étant peu à peu imposée comme la plus probable.
Dans une étude d’opinion Verian pour le quotidien Le Monde et la revue L’Hémicycle parue dimanche, 49% des Français estiment que, des deux leaders d’extrême droite, c’est le président du RN qui a “le plus de chances de remporter la présidentielle”, contre 16% pour la fille de Jean-Marie Le Pen, figure historique de l’extrême droite française.
De même que M. Bardella ferait “un meilleur président de la République” que sa mentor pour 30% des personnes interrogées, alors que 22% pensent le contraire.
Qu’importe: cet automne, Marine Le Pen avait pris la peine de rappeler qu’il était “sûr et certain” qu’elle brigue à nouveau l’Elysée “si elle peut être candidate”. Tout en reconnaissant que, à défaut, “Jordan Bardella peut gagner à (sa) place”.