En visite au Luxembourg pour la première fois en novembre 1976, la reine Elizabeth II avait rencontré le Grand-Duc Jean et visité plusieurs communes.
De Luxembourg aux territoires industriels du sud, d’Esch-sur-Alzette et Differdange à Echternach ou Vianden, elle a traversé le pays en rencontré de nombreux Luxembourgeois. Une visite dont le Service Information et Presse du gouvernement a gardé des archives.
Dès son premier soir sur place, Elizabeth II répondait à Colette Flesch, bourgmestre de Luxembourg-ville. Quarante-six ans après, les mots de la reine semblent plus actuels que jamais.
“On dit que les Britanniques et les Luxembourgeois ont un trait commun, à savoir leur résistance au changement, qu’illustre peut-être le mieux la devise nationale luxembourgeoise: “Nous restons ce que nous sommes”. La vérité, c’est probablement que nos deux pays sont prêts à accepter les changements lorsqu’ils les jugent utiles, mais ils n’acceptent pas facilement le changement pour le changement.
D’après ce que j’ai pu voir de cette ville, avec ses immeubles modernes, ses viaducs et ses magasins, et d’après ce que j’ai pu entendre du développement économique et social du pays, je ne pense pas qu’il y ait une résistance au changement constructif au Luxembourg. Vous avez ouvert les portes de la ville aux étrangers, aux nouvelles idées, et aux nouvelles industries. Vous œuvrez pour une Europe plus unie, mais vous veillez aussi à sauvegarder le caractère essentiel du Luxembourg.
(...) Madame, malgré leurs étendues si différentes, nos deux pays beaucoup en commun et aujourd’hui au sein de la Communauté Européenne nos destins sont aussi étroitement liés qu’ils l’ont été même en temps de guerre (un temps en partie révolu aujourd’hui avec la sortie de l’UE opérée par le Royaume-Uni en 2021, ndlr). J’espère que l’avenir verra les contacts se multiplier entre les dirigeants et entre les citoyens et les jeunes gens de nos deux pays.
Ech mengen, mäi Lëtzebuergesch ass net esou gutt wéi aërt Englesch (je suis désolée, mais mon luxembourgeois n’est pas aussi bon que votre anglais). (...)”
Plus tard, lors d’un dîner de gala, la reine s’adressait cette fois au Grand-Duc Jean, qui venait de lui souhaiter “la bienvenue dans notre pays”. En réponse, elle émettait le souhait que les peuples britanniques et luxembourgeois puissent se rencontrer et se “connaître mieux”. “J’espère qu’à l’avenir auront lieu beaucoup plus d’échanges entre les jeunes gens du Luxembourg, de la Grande-Bretagne et de tous les pays de l’Europe. Après tout, ce sont eux les jeunes qui doivent construire et vivre dans l’Europe prospère, civilisée et unie que nous voudrions voir.”