
Lors des premiers mois de pandémie et de blocus, les vaccins ne représentent qu’un lointain espoir. Certains médecins, dont le très médiatisé professeur Didier Raoult de l’IHU de Marseille, procèdent à des tests avec l’hydroxychloroquine avant de préconiser ce médicament généralement utilisé contre le paludisme. Rappelons qu’aucune autorisation des autorités sanitaires n’a été délivrée pour ce traitement dans ce contexte bien précis.
Ce médicament décrié par la grande majorité des professionnels de santé dans le cadre d’une utilisation contre le Covid a ensuite conquis des personnalités comme Trump ou Bolsonaro qui ont déclaré publiquement “en avoir pris” après n’avoir “entendu que de bonnes choses” à son sujet.

Rapidement, l’hydroxychloroquine s’est répandue auprès des fans du discours “anti-système”, en totale opposition au monde de “big pharma” malgré le fait que cette molécule est produite par l’industrie pharmaceutique, vivement critiquée et dénoncée par les antivax ou les complotistes.
Parfois, il vaut mieux en tout cas faire confiance à la science, puisque les résultats d’une récente étude menée par des chercheurs, des épidémiologistes et des pharmaco-toxicologues français et canadiens sont édifiants.
Cette étude révèle que l’hydroxychloroquine n’était tout d’abord pas efficace, mais plus grave, elle a causé la mort de patients qui étaient traités avec ce médicament. Si on compare un groupe traité à l’hydroxychloroquine et un groupe non traité, il y a 11% de morts en plus chez ceux traités par hydroxychloroquine.
Six pays ont été étudiés par ce groupe de scientifiques, la France, la Belgique, l’Italie, l’Espagne, la Turquie et les États-Unis. Rien que pour ces populations, l’étude confirme 17.000 morts liés à l’hydroxychloroquine entre mars et juillet 2020, dont 13.000 rien qu’aux États-Unis.
Si on élargit à la population mondiale, ce serait cinq fois plus.
Ce chiffre serait toutefois largement sous-évalué puisque l’étude n’inclut pas les pays comme l’Inde ou le Brésil, où l’hydroxychloroquine a été largement utilisée comme traitement contre le coronavirus.
“Ce qu’il faut garder à l’esprit, c’est qu’il s’agit d’une estimation grossière, dans le sens où elle ne concerne que quelques pays pendant une courte période et que le nombre total de morts est probablement bien plus grand”, souligne le professeur Jean-Christophe Lega du CHU de Lyon, cité par nos confrères de La Dépêche.