Arriver "bien à l'avance"Le tourisme reprend des couleurs, le cauchemar des aéroports

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Malgré la guerre en Ukraine et des restrictions de voyage toujours en place à cause du Covid-19, le tourisme mondial continue de remonter la pente, Europe et Amériques en tête, sans pour autant retrouver ses niveaux d'avant pandémie.
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Les touristes reprennent désormais confiance. Ils partent en vacances, de plus en plus souvent à l’étranger. Mais aux aéroports, la situation n’est pas à la rigolade.

Files d’attente interminables, avions bloqués sur les pistes voire vols annulés: le secteur aérien, ankylosé par deux ans de pandémie et confronté à une remontée en flèche de la demande, craint un funeste scénario estival.

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VERS UN ÉTÉ CHAOTIQUE?

Les vacances de printemps ont-elles été la répétition générale d’un chaos d’encore plus grande ampleur? Les témoignages se sont multipliés ces dernières semaines sur l’engorgement d’aéroports en Europe, qui comme l’Amérique du Nord et contrairement à l’Asie a annulé la plupart des restrictions de déplacement liées au Covid-19. Les différentes compagnies demandent déjà aux passagers de se présenter “bien à l’avance” à l’aéroport avant leur vol afin de ne pas avoir de mauvaise surprise pendant leurs vacances.

Pour l’été, l’organisme de surveillance du trafic aérien européen prévoit jusqu’à 95% du niveau de 2019, tandis que les compagnies signalent des réservations massives.

Mais les aéroports ne semblent plus dimensionnés pour y faire face: la compagnie KLM a été obligée d’annuler des dizaines de vols depuis et vers Amsterdam-Schiphol, submergé par une forte affluence et Lufthansa a dû renoncer à plus d’une centaine de vols autour de Pâques à l’aéroport de Francfort.

Le défi dans l’immédiat est de gérer la hausse soudaine du trafic, étant donné que la pandémie a eu pour effet d’énormément réduire les ressources des aéroports et de la manutention au sol”, a reconnu cette semaine Olivier Jankovec, le directeur général d’ACI Europe, principale association des aéroports européens.

Il s’agit maintenant de réembaucher, dans un marché du travail très tendu dans toute l’Europe”, a ajouté M. Jankovec, en soulignant qu’”il était impossible d’effectuer des ajustements du jour au lendemain étant donné les processus d’accréditation de sécurité et les délais nécessaires à la formation”, qui peuvent atteindre jusqu’à 16 semaines.

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La veille, le porte-voix des compagnies aériennes mondiales, l’Iata, avait appelé à “traiter d’urgence” les causes de cette saturation afin d’”éviter de doucher l’enthousiasme des consommateurs pour les voyages aériens”.

“Beaucoup de nos partenaires - aéroports, contrôle aérien, restauration - sont confrontés à de grandes pénuries de personnel”, a abondé cette semaine le patron de Lufthansa, Carsten Spohr, en prévenant que “beaucoup de ces problèmes ne seraient pas résolus d’ici l’été”.

A Francfort, le gestionnaire Fraport veut embaucher “jusqu’à 1.000 personnes cette année” face à une pénurie qui touche surtout les services au sol comme la manutention.

Le secteur tout entier subit des “difficultés opérationnelles”, a résumé jeudi le directeur général d’Air France-KLM, Benjamin Smith.

Également à l’arrivée, le passage à la police aux frontières à Roissy, principal point d’entrée en France, crée de longues files d’attente, ce qui “est insupportable pour les passagers”, a déclaré à l’AFP le PDG d’ADP.

ARRIVÉES EN FORTE HAUSSE

Les arrivées de touristes internationaux dans le monde ont ainsi plus que doublé (+130%) en janvier 2022 par rapport à la même période en 2021, selon les derniers chiffres disponibles de l’Organisation mondiale du tourisme (OMT), avec 18 millions de visiteurs supplémentaires à l’échelle mondiale, “soit l’équivalent de l’augmentation totale enregistrée sur l’ensemble de l’année 2021".

En 2019, les recettes du tourisme mondial avaient atteint 1.482 milliards de dollars, avant d’être divisées quasiment par trois l’année suivante à cause de la pandémie.

Si janvier confirme la tendance à la reprise enclenchée en 2021, l’OMT souligne toutefois que le variant Omicron a récemment donné un nouveau coup de frein et que les arrivées internationales en janvier 2022 restaient inférieures de 67% à celles d’avant la pandémie.

Toutes les régions ont vu les voyageurs revenir et ainsi pu rebondir par rapport aux bas niveaux de début 2021.

L’Europe en particulier a fait trois fois mieux et les Amériques deux fois mieux. Il leur reste encore la moitié du chemin à faire pour retrouver le tonus d’avant la pandémie.

J’ai voyagé en début de semaine et je peux vous dire que les aéroports, les terminaux internationaux aux États-Unis sont très encombrés et qu’il y a une demande ou un intérêt pour voyager en Europe, parce que pendant plusieurs années nous n’avons pas pu le faire. Il nous manque donc de venir à Paris, d’aller à Rome et à Berlin”, explique à l’AFP Larry Cuculic directeur général de Best Western.

Le Moyen-Orient connaît aussi un boom par rapport à 2021 (+89%), selon l’OMT, tout comme l’Afrique (+51%), mais ces deux régions restent encore très loin des scores touristiques de 2019.

Et sans surprise, c’est l’Asie-Pacifique, avec plusieurs destinations fermées, qui dégringole. En janvier, les arrivées de touristes internationaux y étaient inférieures de 93% à celles d’avant la pandémie.

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