
“La situation politique a conduit à cette décision”, a déclaré le président lors d’une allocution télévisée, en référence à la démission du Premier ministre Mario Draghi après la défection jeudi de trois partis importants de sa coalition.
“La discussion, le vote et les modalités dans lesquelles ce vote a été exprimé hier au Sénat” ont démontré l’absence de “soutien parlementaire au gouvernement et l’absence de perspectives pour donner naissance à une nouvelle majorité”, a-t-il expliqué.
“Cette condition a rendu inévitable la dissolution anticipée du parlement”, qui “est toujours la dernière option”, a-t-il ajouté.
Les médias italiens avancent plusieurs dates possibles pour ces élections: le 18 et le 25 septembre, ou encore le 2 octobre.
L’archi-favori du scrutin à venir est la coalition dite “de centre-droit”, qui réunit Forza Italia, le parti de droite de Silvio Berlusconi, et l’extrême droite représentée par la Ligue du tribun populiste antimigrants Matteo Salvini et Fratelli d’Italia.
Fratelli d’Italia, parti post-fasciste présidé par Giorgia Meloni, est donné en tête dans les intentions de vote, à près de 24%, devant le Parti démocrate (22%) et la Ligue (14%), selon un sondage de l’institut SWG réalisé le 18 juillet. Forza Italia recueillerait 7,4% des voix et le Mouvement 5 Etoiles (M5S) 11,2%.
La démission du Premier ministre italien Mario Draghi, gage de sérieux dans un pays traditionnellement instable, a provoqué ce jeudi une onde de choc en Europe et sur les marchés, inquiets de la brusque hausse du coût de son énorme dette.
Fait rare, le commissaire européen à l’Économie Paolo Gentiloni est sorti de sa réserve dès mercredi, fustigeant les partis “irresponsables” qui ont lâché l’ancien patron de la BCE, au risque de plonger le pays dans une “tempête parfaite”.

La sortie de scène de Mario Draghi arrive au pire moment pour l’Italie qui doit faire face à l’impact de la guerre en Ukraine, réduire sa dépendance au gaz russe et mettre en route des réformes difficiles en vue de l’octroi des fonds du plan de relance européen.
“Sa démission est une perte pour l’Italie, car le gouvernement Draghi était en train de réaliser un programme de réformes attendu depuis des décennies”, a commenté auprès de l’AFP Giuliano Noci, professeur de stratégie à l’école Polytechnique de Milan, et “c’est également une perte pour l’Europe” où M. Draghi “était devenu un point de référence”.