Design, crash test...Le Cybertruck de Tesla déjà interdit en Europe ?

Romain Van Dyck
Elon Musk a officiellement lancé la commercialisation du Tesla Cybertruck aux États-Unis. Mais le pickup futuriste risque d'avoir des difficultés à se retrouver sur les routes européennes...

Qu’on l’aime ou qu’on le déteste, il faut admettre une chose: le Cybertruck est un ovni sur la planète automobile. À une époque où les voitures ne brillent pas par leur originalité, le dernier-né de Tesla détonne, avec son design incroyablement primitif (c’est la voiture qu’on dessinait tous quand on était enfant... et qu’on ne savait pas dessiner!)

Mais est-ce que le Cybertruck n’est pas allé trop loin ? Pour l’Union Européenne en tout cas, il serait trop anguleux pour recevoir son homologation sur le Vieux Contient. Et ses résultats au crash test ne seraient pas meilleurs non plus !

C’est du moins ce que laisse penser les dernières informations révélées par Lars Moravy, vice-président de Tesla chargé de l’ingénierie des véhicules. Comme le rapporte le magasine Autoplus, ce dernier aurait échangé directement avec TopGear Netherlands et affirmé que le Cybertruck n’arriverait probablement jamais en Europe.

Il devrait changer de mensurations !

Outre les 3 tonnes de l’énorme pick-up électrique, qui imposeraient dans certains pays un permis adapté (au-delà d’un certain tonnage, la réglementation impose la détention d’un permis poids-lourd), ce sont les formes même du Cybertruck qui coincent.

Tout d’abord, le marché des pick-up aux États-Unis est énorme, et c’est différent pour vous” , a déclaré Moravy à TopGear. “Deuxièmement : La réglementation européenne impose un arrondi de 3,2 millimètres sur les parties saillantes. Malheureusement, il est impossible de réaliser un arrondi de 3,2 millimètres sur une feuille d’acier inoxydable de 1,4 millimètre” , aurait-t-il ajouté.

Autrement dit, pour espérer s’installer en Europe, le Cybertruck devrait littéralement changer de physionomie. Pas sûr qu’un tel projet soit validé par l’ombrageux Elon Musk !

Une carrosserie trop dure

Un autre écueil vient entacher la jeune réputation du mastodonte électrique. Outre les finitions qui laissent à désirer sur les premiers modèles qui ont été présentés aux journalistes américains, ce sont bien les résultats des crashs tests qui inquiètent.

En effet, c’est la rigidité du Cybertruck qui est en cause. Une voiture est censé se déformer, que ce soit à l’avant ou à l’arrière, pour absorber une partie de l’énergie cinétique lors d’une collision. Sinon, c’est le conducteur qui absorbe cette énergie, et pas de la plus belle des manières... Or le Cybertruck est si rigide qu’il plie à peine lors d’un choc à 56 km/h sur un mur, mais projette à l’intérieur violemment les passagers qu’il est censé protéger.

Et à l’extérieur, ce n’est guère plus rassurant. Le capot d’une voiture est censé amortir la chute d’un piéton qui l’aurait percuté. Mais la hauteur élevée du Cybertruck fait qu’un piéton percuté a plus de chance de passer en-dessous du SUV (cela dit, certains gros SUV déjà en circulation en Europe ont déjà ce problème).

Bref, la carrière du Cybertruck semble compromise en Europe, même si le reste de la planète devrait suffire pour assurer son succès. À condition de patienter, car l’attente est telle que Tesla peine à retenir les clients, nombreux, qui renoncent à leur bon de commande signé en… 2019.

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