
“Le scénario d’une baisse des taxes n’est pas envisagé à l’heure où on se parle. En revanche, on entend les difficultés par exemple sur la trésorerie” de différents secteurs comme les transporteurs ou les pêcheurs, a affirmé sur BFMTV la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon qui est également chargée du portefeuille de l’Energie.
Elle a expliqué que le gouvernement n’avait “plus les moyens du quoi qu’il en coûte” comme pendant l’épidémie de Covid et devait tenir le déficit public à 5% du Produit intérieur brut (PIB), en rappelant avoir fait “le choix” dans le budget 2026 de “ne pas augmenter l’impôt des Français”.
Elle a cependant fait valoir que la France était, grâce à son parc nucléaire, “davantage protégée” que ses voisins, dont certains ont pris des mesures pour limiter la hausse des prix de l’énergie.
L’Italie a adopté mercredi un décret visant à réduire, pour une période de 20 jours, de 25 centimes par litre le prix du carburant, tandis que la Grèce envisage un “plafond sur les marges bénéficiaires” des acteurs de la filière afin d’éviter la spéculation. Berlin étudie une taxe sur les “surprofits " des groupes pétroliers.
Mme Bregeon a aussi jugé que la situation n’avait “rien à voir” avec 2022, quand les prix de l’énergie avaient augmenté après l’invasion de l’Ukraine par la Russie.
Le gouvernement a déjà écarté les propositions jugées “démagogues” du Rassemblement national (extrême droite) et de La France insoumise (gauche radicale), que ce soit la baisse de la TVA qui coûterait 12 milliards d’euros ou le blocage des prix qui porte un “risque de pénurie”.
Evoquant une réunion sur l’énergie autour du Premier ministre Sébastien Lecornu, la porte-parole a indiqué que ce rendez-vous visait à faire “le point sur la situation pour envisager les différentes possibilités en fonction de la durée du conflit, en fonction de la difficulté que rencontrent les secteurs économiques”. “Toutes les options sont sur la table”, a-t-elle dit.
“J’entends ceux qui voudraient qu’on débourse d’ores et déjà des milliards pour aider des gens dont j’entends les difficultés (...) mais il faut aussi porter ce discours de vérité” sur la “nécessité” de réduire le déficit, a-t-elle insisté.
La représentante du gouvernement a aussi rappelé les initiatives d’Emmanuel Macron en faveur du déblocage du détroit d’Ormuz.
Le président a en outre appelé jeudi à un moratoire sur les frappes contre les infrastructures civiles au Moyen-Orient, notamment énergétiques, et a dit avoir échangé avec le président américain Donald Trump et l’émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad al-Thani.