"Génération sans logement"Au Portugal, colère et inquiétude face à la crise

RTL Infos avec AFP
Au Portugal aussi, la crise du logement gonfle. Les militants du droit au logement campent dans la rue.
Des manifestants protestent place Rossio, dans le centre de Lisbonne, le 17 octobre 2026, contre la pénurie de logements, la flambée des loyers et les bas salaires.
Des manifestants protestent place Rossio, dans le centre de Lisbonne, le 17 octobre 2026, contre la pénurie de logements, la flambée des loyers et les bas salaires.
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Dans un contexte social marqué dans plusieurs pays européens par des manifestations parfois violentes, des militants du droit au logement campent à Lisbonne et à Porto malgré les menaces d'éviction des autorités, imitant l'exemple espagnol et espérant pour certains lancer un mouvement transfrontalier.

Au coeur de Lisbonne, sur la place du Rossio, des dizaines de tentes multicolores sont dressés depuis samedi soir autour de la colonne monumentale qui domine cette vaste étendue pavée. Au milieu de ce campement de fortune, les manifestants circulent, discutent et confectionnent affiches et banderoles qu'ils viennent ensuite accrocher au socle du monument.

"Génération sans logement", "Le logement est un droit, pas un luxe" ou encore "Je veux simplement une maison pour vivre": les slogans dénoncent les expulsions, la spéculation immobilière et la hausse des loyers, comme chez le voisin espagnol.

Une photo prise le 19 octobre 2026 montre une tente avec une pancarte indiquant « effondrement du système de démocratie populaire » dans un campement installé en signe de protestation contre la pénurie de logements, la flambée des loyers et les bas salaires sur la place Rossio, dans le centre de Lisbonne.
Une photo prise le 19 octobre 2026 montre une tente avec une pancarte indiquant « effondrement du système de démocratie populaire » dans un campement installé en signe de protestation contre la pénurie de logements, la flambée des loyers et les bas salaires sur la place Rossio, dans le centre de Lisbonne.
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À Madrid, la contestation, partie après l'expulsion d'une octogénaire, Maricarmen Abascal, a abouti à la convocation de législatives anticipées fin novembre. Une grève générale a également été convoquée pour le 11 novembre.

"Où vais-je trouver les moyens de payer un loyer si je ne peux même pas louer une tente ?", interroge une pancarte manuscrite posée devant Ruben Alexandre, assis sur un banc.

"Je travaille depuis l'âge de 18 ans et je n'ai toujours pas pu quitter le domicile de mes parents", raconte à l'AFP ce jeune homme de 25 ans, employé dans une station-service de la banlieue de Lisbonne où il gagne le salaire minimum, 920 euros bruts versés 14 fois dans l'année (soit en moyenne 1.073 euros bruts par mois).

Le 18 octobre 2026, des manifestants ont installé des tentes sur la place Rossio, dans le centre de Lisbonne, pour protester contre la pénurie de logements, la flambée des loyers et les bas salaires.
Le 18 octobre 2026, des manifestants ont installé des tentes sur la place Rossio, dans le centre de Lisbonne, pour protester contre la pénurie de logements, la flambée des loyers et les bas salaires.
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"Avec 920 euros, je ne peux pas payer un loyer de 1.500 euros"

"Avec 920 euros, je ne peux pas payer un loyer de 1.500 euros. C'est mathématique et même un enfant de cinq ans peut le comprendre !", lance un peu plus loin Miguel Gregorio, 22 ans.

Selon le portail immobilier Idealista, à fin mai, le loyer moyen à Lisbonne s'établissait à 21,8 euros le m2, soit environ 1.090 euros de loyer mensuel pour un 50 m2.

"Aujourd'hui, la santé, le logement, la nourriture, des besoins basiques deviennent un luxe"

"Aujourd'hui, la santé, le logement, la nourriture, des besoins basiques deviennent un luxe", déplore cet étudiant en théâtre rappelant que les difficultés d'accès au logement touchent toute la société.

À Lisbonne comme à Porto, où le mouvement a commencé il y a une dizaine de jours, les militants ont refusé de lever le campement dans la nuit de dimanche à lundi malgré les avertissements des autorités leur rappelant qu'ils s’exposaient à des poursuites s'ils refusaient de se disperser.

"Notre objectif est de rester ici jusqu'à ce que nos revendications soient entendues", affirme Joao Veloso, l'un des porte-parole du campement lisboète, tout en plaidant pour "une manifestation pacifique", en référence aux violences survenues en France ce week-end en marge de manifestations contre le coût de la vie.

Chez ces militants, l'exemple espagnol du campement madrilène de la Puerta del Sol, où des centaines de tentes sont installées depuis plus de trois semaines est bien sûr dans toutes les têtes et certains espèrent même se coordonner leurs avec leurs voisins.

Avec une date en ligne de mire: celle du 11 novembre, pour laquelle un appel à la grève générale a été lancé en Espagne. "Je trouve ça très important. On vit tous la même chose alors ce serait une forme d’union, et un moyen de faire comprendre au monde ce qui se passe ici", fait valoir Erica Arce, une étudiante de 22 ans.

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