
Ne surtout pas précipiter les sanctions. Arrivé au Conseil européen ce jeudi à Bruxelles, le Premier ministre Xavier Bettel a rappelé que l'Europe devait échelonner sa réaction face à la Russie.
L'UE doit-elle passer à la vitesse supérieure et imposer un embargo sur le pétrole russe? "Il y a le fuel, le gaz, il y a plusieurs sujets..." a rappelé le Premier ministre. "Si nous voulons prendre de nouvelles sanctions, elles doivent être en réaction à quelque chose."
De son discours, on comprend que les dirigeants européens craignent une chose: aggraver le conflit. "Pour le moment, la situation ne s'améliore pas, c'est sûr. Mais si nous prenons de nouvelles sanctions maintenant dans une situation qui est toujours le statu-quo, quelles seront les prochaines étapes?" a-t-il réagi.
Le retour de flamme que provoquerait un embargo reste pour l'instant un frein à son application. "Je pense que nous devons conserver un échelonnement... L'embargo doit en être un car nous savons qu'il blessera tout le monde. Il les blessera eux, beaucoup, mais il nous blessera aussi. Il doit y avoir un équilibre..."
Concernant l'implication du Luxembourg, le Premier ministre a rappelé que le pays aidait autant que possible. "Nous avons déjà fait beaucoup. Même si ce n'est pas fini. Nous avions des discussions ce matin encore, durant lesquelles j'ai rappelé ce qu'avait fait le Luxembourg... Nous avons donné des armes à l'Ukraine. C'est quelque chose que nous n'avions jamais fait auparavant. Jamais. Je ne peux pas donner d'avion, je suis désolé, je n'ai pas d'avion au sein de l'armée luxembourgeoise. Mais nous voulons les soutenir autant que possible. Aide militaire, aide humanitaire... Avec les sanctions (européennes, ndlr) également."
Le Premier ministre a conclu son intervention par une demande d'accalmie. "Un cessez-le-feu est plus que nécessaire. Nous parlons de leur situation mais ils la vivent. Nous devons vraiment savoir de quoi nous parlons pour comprendre pourquoi la situation est aussi difficile pour Mr Zelensky. Pendant que nous parlons, ils souffrent."