Accusé, comme tant d'autres, de ne pas en faire assez pour limiter le changement climatique, Xavier Bettel a jugé que le Luxembourg essayait de faire sa part: "Faire assez est un grand mot. Le processus est en cours, ce n'est pas quelque chose qu'on commence aujourd'hui et qui sera terminé demain. Donc il faut voir les évolutions et respecter les efforts pour lesquels on s'est engagés. Je vois l'Accord de Paris, on s'était engagés à faire beaucoup de chose, et je vois qu'un certain nombre de pays n'ont rien fait du tout encore" a-t-il déclaré à notre micro.
Un discours qui va de coeur avec celui du ministre de l'Énergie Claude Turmes, qui juge le Luxembourg comme un des pays "les plus ambitieux de l'UE", avec un objectif de réduction des émissions de 40 à 44% et 23 à 25% d'énergies renouvelables pour 2030.
"Nous ne faisons pas partie des mauvais élèves, loin de là. Nous faisons partie des pays qui est dans la locomotive du train. On devrait avoir une très très grosse locomotive mais pour l'instant on a beaucoup de wagons et il y en a beaucoup qui sont dans le dernier wagon" a ajouté Xavier Bettel, certainement en référence au recul des États-Unis et à la position de Jair Bolsonaro sur le changement climatique. Il a d'ailleurs dit souhaiter que l'on puisse contrôler les évolutions de ces partenaires parfois réticents.
Le Premier ministre a aussi réagi au discours de Greta Thunberg, très sévère avec les dirigeants actuels: "Si je n'acceptais pas la critique, je ne devrais pas faire le métier que je fais. C'est une critique qui est partagée par des milliers de jeunes au Luxembourg qui se mobilisent aussi pour qu'on fasse quelque chose. C'est vrai qu'il y a une certaine frustration, moi aussi j'aimerais que ça aille plus vite, j'aimerais aussi ! Mais on doit faire un effort collectif... Il faut qu'on incite les gens à participer, il faut que les villes, les sociétés, que tout le monde, ensemble, fasse des avancées, et pas que dans cinq ans on constate que c'est trop tard."
C'est d'ailleurs une partie de la société qui pourrait se mobiliser et appeler à plus d'actions de la part du gouvernement ce vendredi 27 septembre, à l'appel des mouvements de jeunes écologistes, des syndicats et d'ONG. "On a une responsabilité aujourd'hui par rapport aux générations futures et si on ne le fait pas, une fois que ce sera trop tard, on se dira "Pourquoi on ne l'a pas fait plus tôt?"."