
Durant l'été 2020, l'Union européenne a trouvé un accord permettant de créer le plan de relance "Next Generation EU". Ce fonds de 750 milliards d'euros servira à relancer l'économie des pays touchés par la crise sanitaire, en parallèle du budget de 1.100 milliards pour la période 2021-2027.
Si l'accord a été salué par les pays de l'Union, cet argent ne va pas tomber du ciel: il sera prélevé directement chez les États européens. Ce qui implique de trouver des sources de financement. L'une d'elles sera basée sur une nouvelle "taxe" calculée "en fonction du poids des déchets d'emballages en plastique non recyclés". Les pays qui recyclent le mieux leurs déchets seront donc logiquement moins touchés que les autres.
Basée sur un coût de "0,80€ par kilogramme", la taxe pourrait générer plus de six milliards d'euros par an. D'après l'association des fabricants de plastiques Elipso, le coût pour le Luxembourg pourrait atteindre 15,9 millions d'euros (contre plus d'un milliard d'euros pour la France et l'Allemagne).
Interrogés par Laurent Mosar et Gilles Roth (CSV) sur cette nouvelle source d'argent pour l'UE, le Premier ministre Xavier Bettel, le ministre des Finances Pierre Gramegna et la ministre de l'Environnement Carole Dieschbourg ont confirmé que le Luxembourg n'appliquerait pas cette "taxe plastique" durant l'année 2021.
Selon le gouvernement, "l'introduction d'une telle contribution nationale au budget de l'UE n'est pas à confondre avec une obligation d'introduire une taxe sur le plan national, les États membres étant libres de prendre les mesures les plus adaptées pour atteindre les objectifs environnementaux souhaités et de financer cette contribution par la voie la plus appropriée".
Partant de ce principe, le gouvernement a décidé de ne pas appliquer la taxe l'an prochain. L'apport au budget européen sera financé "à travers un crédit budgétaire" inscrit au budget 2021 de l'État. Le gouvernement prévoit toutefois d'étudier "de nouvelles pistes en matière de fiscalité environnementale dans le cadre de la réforme fiscale à venir".