
Le traçage consiste à rechercher où les malades se sont infectés et à retracer les contacts des personnes contaminées. Au Luxembourg, le traçage est pour l'instant réalisé de manière déclarative, ce qui signifie que les personnes testées positives au Covid-19 sont appelées et interrogées sur les gens avec qui elles ont eu des contacts.
Une application de traçage pourrait permettre de faire cela beaucoup plus vite, donc de retracer plus de cas. Mais sur ce point, les discussions sont nombreuses. Des exemples internationaux peuvent être observés et un projet de recherche est lancé au Grand-Duché.
Singapour a mis très tôt en service une application de traçage. Et c'est sur une technologie semblable qu'est basée l'application récemment lancée en Australie. Son usage est volontaire et anonyme. Celui qui installe l'application doit toutefois donner un numéro de téléphone, une classe d'âge et un code postal. Les données sont enregistrées sur un serveur en Australie et sont supprimées après 21 jours.
Les informations sont collectées par des collaborateurs sélectionnés au ministère de la Santé. Si quelqu'un est testé positif, les personnes qui ont été en contact avec lui, sont prévenues ou appelées par les autorités afin de se faire tester.
Pour trouver le meilleur modèle pour le Luxembourg, des initiatives comparables et leurs alternatives sont en ce moment analysées par un groupe de recherche. La protection des données est évidemment un élément important.
"Une possibilité serait que l'application luxembourgeoise soit aussi contrôlée au Luxembourg, par exemple par les autorités de la Santé. Il faudrait cependant avoir la possibilité d'échanger les informations avec les pays voisins. Mais une telle possibilité me semble plausible. Nous devons évidemment examiner de près les détails et c'est aussi l'objectif de notre projet de recherche", explique le Professeur et Docteur Peter Y. A. Ryan, chef du projet "SmartExit".
En période de déconfinement, les gens sont forcément en contact avec un plus grand nombre de personnes. Pour pouvoir retracer ultérieurement les contacts éventuels, il faudrait que la majorité de la société participe.
"Les gens doivent accepter l'application. La question se pose de savoir combien de gens ont un smartphone, combien sont prêts à télécharger l'application et à activer le Bluetooth. Et c'est évidemment aussi la raison pour laquelle nous devons nous inquiéter de la protection des données. Pour que beaucoup de gens participent, il faut qu'ils soient à l'aise avec l'application", ajoute le Professeur et Docteur Peter Y. A. Ryan.
Beaucoup de questions subsistent. Il faudrait avant tout pouvoir garantir la protection des données pour l'après-pandémie, souligne Peter Ryan.
"Nous devons trouver une solution qui maximise l'efficacité et minimise l'impact sur la protection des données. Et cela à court terme, mais aussi à long terme."