
Le Luxembourg traverse actuellement une importante vague de chaleur, avec des températures dépassant les 35 degrés dans de nombreux endroits. Pour le week-end, des températures pouvant atteindre 40 degrés sont même annoncées.
Face aux températures très élevées actuelles, les écoles gèrent la situation de manière très différente selon les établissements : certaines écoles fondamentales ont accordé une dispense scolaire le mercredi après-midi et le vendredi après-midi, tandis que d’autres ne l’ont pas fait. Dans les lycées également, il n’existe pas de ligne directrice uniforme. Cette situation suscite d’ailleurs de nombreuses critiques.
Les parents, les élèves, le personnel enseignant ainsi que le syndicat d'enseignants SEW/OGBL critiquent vivement la politique menée. Selon eux, c’est une véritable pagaille et il y a un manque d’organisation évident si chaque commune décide individuellement d’accorder ou non une dispense de cours en raison de la chaleur
Le ministre de l'Éducation relativise. Selon Claude Meisch, les situations sont trop différentes pour pouvoir instaurer une règle uniforme :
"Les infrastructures sont évidemment très différentes. C’est évident. Tous les bâtiments des écoles fondamentales relèvent de la responsabilité des communes, et il est déjà relativement difficile pour nous-mêmes d’en avoir une vue d’ensemble. Quant aux lycées, il y a évidemment une différence entre un établissement construit il y a trois ans et un autre déjà construit il y a cent ans, qui a peut-être été rénové à une ou plusieurs reprises. Il n’est pas toujours possible d’y mettre en œuvre toutes les mesures en matière de protection contre la chaleur. C’est pourquoi nous répétons qu’il faut examiner la situation au niveau local. Et j’ai confiance, tant dans les enseignants que dans les directions, pour trouver des solutions raisonnables."
Pour le syndicat d'enseignants SEW, le problème n’est pas de savoir si l’on accorde ou non une dispense des cours en raison de la chaleur, mais plutôt les conditions dans les bâtiments scolaires, explique sa porte-parole, Vera Dockendorf :
"En fait, nous avions déjà publié l’an dernier une lettre ouverte ainsi qu’un communiqué, et cette année nous avons dû le refaire. Au fond, ce sont les mêmes doléances que nous formulons. Nous partageons tout à fait l’avis qu'accorder une dispense scolaire en raison de la chaleur ne peut pas être la solution. Comme le dit aussi le ministre, pour de nombreux enfants, la situation n’est pas meilleure à la maison, et les parents doivent travailler, etc. En revanche, il faut investir pour que les écoles soient adaptées à ces conditions. Dans de nombreuses salles de classe, nous n’avons pas la possibilité d'ombrager de manière adéquate ni d’ouvrir correctement les fenêtres. [...] Il faudrait donc réaménager les salles de classe où les températures dépassent les limites acceptables, en veillant à y installer une ventilation appropriée, voire la climatisation."
Le ministre a souligné que le ministère avait fixé des lignes directrices au niveau national. Les enfants particulièrement vulnérables, par exemple les très jeunes élèves, les enfants ayant des besoins spécifiques ou des problèmes de santé, peuvent rester à la maison et être excusés.
En même temps, il faut également tenir compte du fait que de nombreux parents dépendent des services d’accueil et de prise en charge proposés par les écoles :
"Ce n’est pas aussi simple de dire que les enfants doivent rester à la maison. D’abord, il fait également chaud à la maison. Ensuite, de nombreux enfants ne seraient pas surveillés, resteraient seuls à la maison et seraient donc exposés seuls à la chaleur. Ce n'est pas comme si nous vivions dans un pays où chacun disposerait d’une piscine dans son jardin et d’un système de climatisation chez lui. [...] Mais nous avons aussi une règle nationale, c'est que les enfants, en particulier dans les écoles fondamentales, doivent toujours pouvoir être surveillés. Nous savons que nous paralyserions le pays si nous disions simplement que tous les enfants restent à la maison, car les parents ne pourraient alors plus aller travailler non plus."
Pour le ministre de l’Éducation, il est évident qu’il faut réfléchir à une autre manière de s’organiser à l’avenir et rendre les écoles plus résilientes. Mais, globalement, il rappelle qu'"Il fait chaud pour tout le monde. Peu importe où l’on travaille, que l’on travaille dans une école, que l’on fréquente l’école ou que l’on soit à la maison."
En tout cas, ce ne sera certainement pas la dernière fois que la question de la chaleur fera l’objet de discussions