Le pays se donne 12 moisVers l'interdiction des réseaux sociaux pour les plus jeunes au Luxembourg ?

Claude Zeimetz
Marc Hoscheid
traduit pour RTL Infos
Le Luxembourg envisage d'interdire l'accès aux principaux réseaux sociaux aux enfants et adolescents n'ayant pas atteint un âge qui reste à définir.
A new ban restricting social media use for individuals under 16 was introduced in Australia on 10 December 2025.
© CLAUDIO GALDAMES ALARCON/Anadolu via AFP

La ministre de la Justice Elisabeth Margue a confirmé sur RTL que le Luxembourg se dirige vers une interdiction d’accès aux réseaux sociaux en dessous d’un âge que les autorités devront encore spécifier, estimant que les protections actuelles ne suffisent plus. Elle pointe une exposition croissante des jeunes au cyberharcèlement, à la désinformation, aux contenus haineux, pornographiques ou générés par l’IA, ainsi qu’aux mécanismes addictifs des plateformes.

Accompagnée de Jeff Kaufmann (BeeSecure), la ministre a rappelé que le gouvernement privilégie une approche européenne, mais n’exclut pas d’agir seul si l’UE ne progresse pas dans les 6 à 12 mois. Le principal obstacle reste la vérification de l’âge, qui doit concilier efficacité et respect de la vie privée. Un groupe de travail étudie actuellement les solutions techniques, notamment un projet pilote européen d’identité numérique permettant de confirmer un âge sans transmettre d’autres données personnelles.

BeeSecure a détaillé les actions déjà en place dans les écoles : formations dès le cycle 3.1, sensibilisation aux paramètres de confidentialité, aux algorithmes et aux risques liés au partage d’images. L’organisation propose aussi des soirées pour les parents et une ligne d’assistance pour les questions pratiques, notamment l’achat du premier smartphone ou l’usage du contrôle parental.

Lors d’un échange avec les auditeurs, ces derniers ont exprimé des avis très contrastés. Certains soutiennent une interdiction à l’australienne, d’autres craignent un effet boomerang ou une utilisation clandestine encore plus difficile à surveiller. Plusieurs adolescents ont eux-mêmes souligné que l’éducation et l’accompagnement parental restent essentiels, une interdiction seule ne suffisant pas à résoudre les problèmes.

Elisabeth Margue maintient toutefois que l’État doit agir face à des risques avérés, tout en inscrivant les limites d’âge dans une stratégie plus large de sécurisation des plateformes, y compris pour les adultes. Le sujet sera discuté prochainement au Parlement.

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