
Les prix des énergies, le gaz en première ligne, explosent depuis des mois au Luxembourg et l'invasion de l'Ukraine par la Russie ne va faire qu'accentuer le phénomène. Au point de plomber le pouvoir d'achat des ménages les plus exposés à la précarité. Mais aussi de bousculer la production du côté des entreprises déjà durement touchées par la hausse des prix, alors que les chaînes d'approvisionnement sont toujours perturbées par la crise Covid.
Déjà accusé de faire l'autruche face à la flambée des coûts des énergies par le CSV, bien avant le début du conflit ukrainien, le gouvernement Bettel-Lenert avait promis, voilà quinze jours de "soumettre une proposition concrète dans les prochaines semaines." Et Claude Turmes, ministre de l'Énergie (déi Gréng) a tenu parole. Même si le paquet n'est pas encore complètement ficelé.
Xavier Bettel en tête, le gouvernement a annoncé ce lundi, à l'issue de la "Table ronde énergie" (menée avec tous les fournisseurs d'énergie du pays) que sa volonté est "de faire en sorte que l'impact (de l'augmentation des coûts des énergies) soit aussi réduit que possible". Pour cela, il a déballé un paquet de mesures pour soulager aussi bien les personnes privées que les entreprises.
Notamment en prévision des contre-sanctions que prépare Moscou. Un coup de pouce d'envergure qui coûtera 75 millions d'euros à l'État. Des mesures seront prises pour stabiliser le prix de l'électricité "cette année et l'année prochaine".
Concrètement, une "prime énergie de 200€ à 400€ maximum" (en fonction de la composition du ménage) sera allouée aux ménages qui perçoivent l'allocation de vie chère, a annoncé Corinne Cahen, ministre de la Famille. Soulignant que "davantage de personnes recevront la prime", puisque le seuil d'obtention de l'allocation sera revu. La limite des revenus permettant de prétendre à l'allocation va être augmentée de 25%.
Corinne Cahen ne manquant pas de souligner que l'allocation de vie chère avait déjà doublé en 2020, puis augmenté de 10% supplémentaires en 2021.
C'est incontestablement "le prix du gaz qui a le plus augmenté", assure le ministre de l'Énergie, Claude Turmes. Il a assuré que la livraison du gaz, de l'électricité et des carburants est garantie au Luxembourg, mais "pour les prix c'est plus difficile". Décryptez: ils vont encore évoluer à la hausse.
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L'astuce trouvée par le gouvernement pour faire baisser la facture pour tous les ménages chauffés au gaz au Luxembourg (près de 70.000) consiste à "réduire les frais de réseau" puisque les prix du marché ne sont, eux, pas maîtrisables.
"En réduisant ces frais de réseau à zéro, le ménage moyen pourrait économiser jusqu'à 500€. mais on doit encore changer une loi", prévient Claude Turmes. Le vote pourrait avoir lieu en avril/mai au plus tôt.
Si un 3e paquet ("Prime House") doit être présenté en avril, les aides aux entreprises n'ont toutefois pas pu être annoncées par le ministre de l'Économie ce lundi.
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