
Sous le slogan "Make Amazon Pay", les manifestants exigent que l'entreprise change d'approche en matière fiscale, environnementale et sociale.
A Luxembourg, la foule n'était pas au rendez-vous: une trentaine de personnes seulement étaient présentes dans la Grand-Rue à l'heure du déjeuner. Les organisateurs ne s'attendaient pas à une plus grande affluence, mais il s'agissait de montrer sa solidarité, explique Magali Paulus, membre du mouvement éco-citoyen CELL (Citizens for Ecological Learning & Living).
Selon les manifestants, Amazon pousserait les salariés jusqu’à leurs limites physiques et psychologiques, alors que l’entreprise a triplé ses bénéfices début 2024.
Le fait qu'Amazon ait son siège au Luxembourg ne serait pas un hasard, le groupe évite ainsi tout un réseau d'impôts sur les sociétés, explique Julian Bernstein d'Etika, la première plateforme de crowdfunding au Luxembourg.
Récemment, un litige juridique avec la Commission européenne a été définitivement tranché et a conclu que le Luxembourg n'avait finalement pas accordé à Amazon d'avantage fiscal illégal. En 2017, la Commission européenne avait constaté qu'environ trois quarts des bénéfices d'Amazon n'avaient pas été imposés. Elle avait décidé que le rescrit fiscal accordé à Amazon par l'Administration des contributions directes, était un avantage fiscal illégal en faveur du site de vente en ligne et avait alors ordonné le remboursement par Amazon de 250 millions d'euros d'impôt avec les intérêts à l'Etat luxembourgeois.
Pour les manifestants, Amazon doit assumer ses responsabilités non seulement en matière de justice sociale et fiscale, mais aussi environnementale. L'impact dû au transport de marchandises et à la consommation d'électricité est énorme, et la majeure partie de cette électricité ne provient pas d'énergies renouvelables.