
L’enquête sur la fraude dont a été victime Caritas se poursuit à plein régime et, ces derniers mois, plusieurs personnes ont été arrêtées.
Pour la fondation Caritas, de tels développements constituent un signal important, explique Nathalie Frisch, membre du Bureau exécutif et du conseil d’administration.
“On constate que le Parquet fournit un travail énorme pour continuer à faire avancer le dossier et que des résultats concrets sont obtenus.”
Ces développements montrent également le niveau d'énergie criminelle auquel on a affaire. Les responsables gardent néanmoins l’espoir qu’au moins une petite partie des fonds pourra être récupérée.
En 2024, dans le cadre de cette fraude, 61 millions d’euros ont été détournés pendant plusieurs mois des comptes de la fondation Caritas vers des comptes au Luxembourg et à l'étranger.
Ces récentes arrestations n’ont toutefois pas encore eu d’impact financier direct sur la fondation. Actuellement, le travail de la fondation se concentre principalement sur le traitement des suites de ce dossier. Les activités opérationnelles restent complètement à l’arrêt.
“Il s’agit maintenant essentiellement de traiter tout le passé, de payer progressivement tous les créanciers qui restent encore et ainsi de parvenir à une clôture propre de cette période passée.“
Même s’il reste très peu de personnel, ce sont surtout des bénévoles qui s’engagent dans le traitement du dossier. Pour Nathalie Frisch, c’est aussi une question d’engagement : "Ici au Luxembourg, le bénévolat et l’ensemble du secteur social constituent un élément important de notre société, une partie de notre ADN. Et cela tient aussi à cœur aux gens."
L’objectif reste de clore le dossier du mieux possible et d’indemniser les personnes qui ont encore de l’argent à récupérer.
Pour la fondation, le plus grand préjudice dépasse toutefois les pertes financières. C’est surtout une grande partie de la confiance qui a été brisée. Il est donc important que l’enquête continue de progresser et montre également qu’il s’agissait d’un vaste réseau criminel.
Outre la confiance, la fondation regrette également la perte des structures internationales qui avaient été construites au fil des décennies.
“Des réseaux comme le réseau Caritas que nous avions au niveau international, le fait qu’il n’existe plus et ne puisse plus être utilisé, constitue une perte importante pour l’aide internationale ici au Luxembourg.“