
La ministre de l’Enseignement supérieur, Stéphanie Obertin, a répondu à une question parlementaire de la députée LSAP Liz Braz, confirmant ces chiffres. Mais sa réponse soulève d’autres interrogations.
D’abord, la question de ce que l’on entend exactement par “transactions”. En anglais, on parlerait de “non-disclosure agreements” ou NDA, des accords visant à éviter un recours en justice. Liz Braz explique : “Pour nous, c’est évidemment une forme de prix du silence. Surtout dans ce contexte-ci, où il y a déjà eu plusieurs affaires judiciaires, nous n’avions pas conscience qu’il pouvait y avoir un nombre aussi élevé de transactions.” La députée s’est dite surprise : “Cela montre clairement qu’il ne s’agit plus de cas isolés, mais que nous parlons bien plus d’un système pensé pour éviter que davantage de personnes ne saisissent la justice.”
Mais le “prix du silence” a un coût. L’université a dépensé près d’un million d’euros en frais d’avocats et de justice, mais aussi en indemnisations. Liz Braz a adressé de nouvelles questions à la ministre afin d’obtenir plus de détails : “Combien d’argent a été versé dans chacune de ces transactions pour faire taire ces personnes.”
La députée souhaite toutefois également savoir pourquoi ces transactions ont eu lieu. Comme d’autres députés de la commission de l’Enseignement supérieur, elle a rencontré ces derniers mois des employés de l’université. “On se rend compte que, notamment, le harcèlement est une accusation majeure adressée de manière répétée à l’université. Il serait intéressant de savoir si l’origine du problème se trouve chaque fois du côté de l’employé ou de l’employeur.” Se pose alors la question de savoir s’il y a eu des conséquences disciplinaires pour le harceleur, ou encore si ces situations se concentrent dans certains services : “S’il s’avère qu’il ne s’agit pas de cas isolés, mais que cela relève d’un phénomène systémique dans un département, alors nous attendons de l’université qu’elle intervienne immédiatement.”
Rien que par le nombre de cas recensés à l’échelle de toute l’institution, estime-t‑elle, il n’est plus possible de parler de simples cas individuels de personnes frustrées ou mécontentes, contrairement à ce que dit le recteur.