Pollution au LuxembourgUne centaine de captages d'eau souterraine sont actuellement hors service

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Depuis 1993, le 22 mars est la Journée mondiale de l'eau. Au Luxembourg, plus de la moitié de l'eau potable provient de captages d'eau souterraine.
La source Wykerylooth à Koerich
La source Wykerylooth à Koerich
© MECDD

Le ministère de l'Environnement a publié mardi en collaboration avec l'Administration de la gestion de l'eau, un rapport sur l'état des eaux souterraines au Luxembourg. Il reste un certain nombre de possibilités d'amélioration en ce domaine.

Le Luxembourg compte près de 250 captages d'eau souterraine, exploités par 53 communes et cinq syndicats d'eau potable. Une centaine de ces captages ne peuvent être utilisés actuellement pour la production d'eau destinée à la consommation humaine à cause de la mauvaise qualité de cette eau. Environ 13.000 m3/j d'eaux souterraines, qui correspondent aux besoins de plus de 65.000 personnes, sont impropres à la consommation car polluées par des activités humaines telles que l'agriculture.

Le "grand défi" des captages hors services

La ministre de l'Environnement, Carole Dieschbourg, qualifie ces nombreux captages hors service de "grand défi". L'évolution démographique et économique du Luxembourg, mais aussi le changement climatique vont accroître les besoins en eau potable du pays.

L'eau est et reste une ressource limitée sans cesse exposée à différentes menaces. Parmi celles-ci, le réchauffement climatique. La ministre de l'Environnement, Carole Dieschbourg:

"C'est déjà le cas aujourd'hui, nous sentons vraiment qu'il fait plus sec ces dernières années. Nous avons eu une année où c'était un peu plus normal, mais les années précédentes avaient été extrêmement sèches. De plus, il est vrai que bien que la quantité de pluie soit la même, les sources n'ont pas pu se remplir aussi bien, car la pluie est tombée au mauvais moment, elle a alors été complètement absorbée par la végétation."

Pollution par les nitrates et les pesticides

Les résidus de nitrates et de pesticides dans les sols constituent une autre menace. Cela conduit à ce que certains captages ne puissent plus être utilisés pendant une plus longue période. Des zones de protection des captages d'eau souterraine ont donc été créées, reconnaissables à une signalisation particulière.

Des zones de protection, à l'intérieur desquelles les captages pollués sont protégés par différentes restrictions, devraient permettre la restauration de la qualité de l'eau, de manière à rendre cette eau à nouveau propre à la consommation. Les restrictions sont particulièrement sévères autour de certains captages très pollués.

Il faut mettre fin aux traitements jusqu'ici habituels dans l'agriculture:

"Au Luxembourg, la devise est que nous ne voulons ni des pesticides ni de leurs produits de dégradation. Le métazachlore ESA est le produit de dégradation du métazachlore, longtemps ignoré au Luxembourg. Nous ne voulons ni pesticides ni herbicides. Et nous devons également prendre garde à ne plus avoir de lessivages comme avec les nitrates."

Les fournisseurs d'eau travaillent en collaboration avec les entreprises agricoles afin de permettre la transition vers une agriculture plus protectrice des ressources. Au niveau national, des aides financières ont été annoncées pour les agriculteurs.

Le Syndicat des eaux du Sud est en charge de l'exploitation de plus de 60 captages et fournit de l'eau potable propre à la consommation à 230.000 personnes. Pour ce faire, des contrôles stricts et des installations de traitement sont nécessaires. Frank Wersandt du Syndicat explique le processus:

"A titre d'exemple, nous avons nos trois sites de Dondelange, Koerich et Reberg. Nous avons sur les trois sites une désinfection au dioxyde de chlore. Nous avons aussi une ultrafiltration, ce sont des filtrations qui peuvent retenir des bactéries et des virus. L'autre problème que nous avons à certains endroits, ce sont nos métabolites avec des pesticides, vous voyez sur cette image, les trois conteneurs, ce sont des filtres à charbon actif, c'est le seul moyen pour extraire cela."

Tous concernés

Pour maîtriser la contamination aux pesticides, les syndicats et les entreprises agricoles collaborent à des solutions plus protectrices des ressources. Mais il n'y a pas que dans l'agriculture qu'il faudrait se passer autant que possible des pesticides, il y a aussi le domaine privé, selon la ministre de l'Environnement, Carole Dieschbourg:

"A l'Etat, à chaque fois que de nouvelles parcelles sont ajoutées, nous disons aussi que nous voulons travailler sans pesticides. Il s'agit également de choisir la bonne culture dans le jardin. Il en va de même en essayant des alternatives que nos grands-parents connaissaient déjà. Pour nos achats, nous pouvons aussi avoir recours à des légumes et des fruits qui ont été produits localement et sans pesticides."

Une eau souterraine plus propre conduirait finalement à ce que les rivières et les ruisseaux soient moins pollués et leur qualité globale s'améliorerait à nouveau.

La population peut également agir pour préserver l'eau, notamment en commençant par les mesures les plus simples: fermer le robinet en se lavant les dents ou prendre une douche au lieu d'un bain.

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