
Depuis mardi matin, un policier de 28 ans est poursuivi devant le Tribunal de Luxembourg, notamment pour coups et blessures volontaires. Il avait déjà été condamné en juillet à cinq mois de prison avec sursis à cause d'une bagarre qui avait éclaté le soir de la Saint Valentin 2016 devant une discothèque de la capitale.
Cette fois, il comparaît pour un incident survenu en novembre 2016 dans une autre discothèque de Luxembourg-Ville. Un autre policier avait alors été roué de coups par l'accusé, au point d'en avoir conservé des séquelles. Des images vidéo diffusées lors de l'audience, prouvent que six à sept coups ont été portés en une dizaine de secondes.
"Je suis policier!" -"Toujours?" - "Oui, mais suspendu depuis novembre 2016!" - "On a tendance à penser que le seul endroit où vous n'avez pas votre place, c'est la Police! La première qualité d'un policier est quand même d'avoir un peu de maîtrise de soi!"
C'est avec cet échange plutôt vif entre la Présidente de la Cour et l'accusé, qui est depuis deux mois en détention préventive, qu'a débuté le procès mardi matin. Un accusé qui a reconnu les faits aujourd'hui: il avait disjoncté et il s'en excusait à présent.
L'autre policier, c'est-à-dire la victime, a témoigné ensuite. Il était dans la discothèque avec l'ex-compagne du prévenu. Quand le couple avait aperçu ce dernier, ils s'étaient dit qu'ils allaient partir. Quelqu'un avait soudain tiré violemment la femme vers lui et l'avait immédiatement frappée. A partir de là, la victime ne sait plus grand-chose. A son arrivée à l'hôpital, les médecins avaient constaté qu'il avait un os du visage fracturé. Aujourd'hui encore, à une distance de 60 à 80 centimètres, il voit double. Une séquelle qu'il conservera. Après l'incident, il avait suivi une thérapie de dix-huit mois.
Un médecin légiste, qui avait vu la victime une bonne semaine après l'incident, a ensuite déclaré que les séquelles physiques de la victime n'émanaient pas de son état en 2016, parce que toutes les blessures „avaient tendance à guérir“. Ce qui a lancé la question d'une nouvelle expertise.
L'ex-compagne de l'accusé a expliqué que, pour elle, sa relation avec lui avait pris fin en septembre 2016. Mais il ne l'aurait pas vraiment compris ainsi. La victime avait reçu beaucoup de coups, elle en avait reçu un aussi et il y avait du sang partout. Maître Philippe Penning, l'avocat de la victime, a réclamé environ 102.500 euros de dommages et intérêts et Maître Marc Lentz, l'avocat de l'ex-amie, 8.500 euros.
Ce procès devrait se terminer mercredi.