
La date est désormais fixée. Les restaurants vont pouvoir rouvrir complètement dès le 16 mai, au Luxembourg, près de six mois après une fermeture générale décrétée par le gouvernement afin de freiner une seconde fois la pandémie de coronavirus. Le premier confinement, il y a plus d'un an, avait déjà forcé les établissements à fermer durant plusieurs semaines.
Les restaurateurs, et notamment ceux qui n'ont pu rouvrir leur terrasse depuis début avril, ont 10 jours pour tout redémarrer.
"C'est un immense soulagement !" commente Ryodo Kajiwara, chef du restaurant japonais gastronomique qui porte son nom, dans le quartier de Hollerich."La vocation d’un cuisinier est d’apporter de la joie à travers ses préparations culinaires, c'est une invitation au dépaysement pour oublier un peu la vie quotidienne. Être dans l’impossibilité de le faire a été une grande source de tristesse pour nous. Nous sommes heureux de pouvoir à nouveau accueillir notre clientèle."
"bien s'organiser."
"Notre équipe va devoir s'habituer à nouveau à faire les gestes classiques d'un service de restauration. Quant à moi, je ne vais pas prendre le moindre risque en espaçant vraiment bien toutes les tables et en respectant au maximum toutes les nouvelles règles que l'on va nous imposer."
Les règles, rappelons-les. Les clients devront présenter un test au covid négatif avant d'entrer dans un restaurant. Pour cela, trois options: ils pourront soit présenter un test PCR datant de moins de 72 heures, soit un test rapide de moins de 24 heures, soit se soumettre à un autotest sur place. Dès lors, quatre personnes maximum pourront se retrouver à la même table. Les restaurants pourront accueillir leurs clients jusqu'à 22h.Cyril Molard est du même avis. Le chef du restaurant gastronomique doublement étoilé Ma Langue Sourit, qui a récemment lancé un cri d'alarme, juge "irrationnel" les contraintes fixées par le gouvernement quant aux tests à réaliser sur place, juste avant de passer à table. "Demander de faire un autotest aux gens, pendant 20 minutes et devant tout le monde, avec le risque que celui-ci se révèle positif, c'est impensable!" s'emporte t-il. "Encore une fois, des décisions sont prises sans que les principaux intéressés, les chefs, ne soient sondés... On est pris au piège!"
Cyril Molard regrette encore de devoir "jouer à pile ou face" avec les réservations. "Les clients vont venir et s'ils sont positifs, vont repartir et nous laisser une table vide alors qu'on aura refusé des clients auparavant. Comment on gère ça?"
Pour éviter les mauvaises surprises, certains restaurateurs envisagent de demander à leurs clients de se justifier d'un test négatif au covid, sans proposer d'autotest sur place."J'attends le 16 mai avec impatience!"