
Pour résumer la situation, et ce n'est pas nouveau, les deux professionnels de la santé ont confirmé que les mutations du coronavirus inquiétaient les autorités sanitaires luxembourgeoises. Jusqu'à présent, c'est le variant britannique qui est le plus présent, mais le directeur de la Santé ne souhaitait pas spéculer sur le nombre de cas réellement en circulation au Luxembourg. Certains clusters ont également déjà révélé la présence du variant sud-africain.
Claude Müller précise toutefois qu'il est tout à fait normal qu'un virus se transforme et change de comportement. Il précise que "jusqu'à présent nous avons eu de la chance de ne pas avoir vécu de propagation trop importante ou trop rapide. Il ne faut pas oublier que ces mutations peuvent provoquer des complications chez les jeunes, comme cela a été récemment démontré dans une étude israélienne".
Toute les mesures ont été mises en place afin de limiter cette propagation, mais le docteur Jean-Claude Schmit précise néanmoins "qu'une troisième vague est encore possible et qu'il faut continuer à imposer des restrictions, ce que le Gouvernement a fait en prolongeant la loi Covid".
"La situation telle que nous la connaissons aujourd'hui n'est plus celle du mois d'octobre", explique Claude Müller. "A l'époque de plus en plus de jeunes sont tombés malades et les hospitalisations ont grimpé alors que maintenant, la première phase de vaccination est terminée, les personnes âgées sont mieux protégées, ce qui devrait limiter les hospitalisations. Je suis un peu plus optimiste qu'il y a quelques mois", avoue l'expert.
Il regrette néanmoins la situation dans les maisons de repos lors de cette première phase de vaccination: "si un cas était découvert dans un établissement pour seniors, il aurait fallu vacciner tout le monde, tout de suite, afin d'éviter certains décès".
Jean-Claude Schmit a relativisé en expliquant que derrière la vaccination se cache une énorme organisation logistique très complexe mais il n'est pas impossible que ce cas de figure soit effectivement retenu à l'avenir.
En ce qui concerne l'intervalle entre les deux doses, Claude Müller plaide pour plus de flexibilité par rapport à la notice d'utilisation du vaccin. Le virologue est d'avis que l'on peut prolonger l'intervalle afin de ne pas devoir mettre de côté 100% des vaccins, et pas seulement pour les doses AstraZeneca. "Moins de juridique, plus de pratique", conclut le spécialiste.