
Une grande part des personnes décédées vivaient dans des maisons de retraite ou de soins, c'est pourquoi nous pouvons en conclure que le gros cluster qu'il y a eu dans ces établissements, a contribué à la hausse des décès, a expliqué la ministre de la Santé.
Lors de la deuxième phase de dépistage massif (Large scale testing), qui a débuté en septembre et qui arrive à son terme, nous avons eu une prévalence de 0,9, ce qui signifie que sur toutes les personnes testées, près de 1% étaient positives au coronavirus. Un grand nombre de chaînes d'infections ont ainsi pu être interrompues.
Parmi les personnes qui ont été se faire dépister au Large scale testing, parce qu'elles voulaient aller en vacances ou qu'elles rentraient de l'étranger, 2,9% ont été testées positives. Une prévalence plus élevée est donc constatée chez les amateurs de voyages.
Une stratégie a été définie pour tester de manière ciblée même à grande échelle, par exemple avec les équipes mobiles. Parmi ces tests, 2,15% étaient positifs. On ne se tromperait donc pas sur les lieux ciblés avec les équipes mobiles, car la prévalence y est plus élevée que dans le dépistage à grande échelle de base, selon la ministre.
Un autre objectif du Large scale testing est la sérologie. Il s'agit de découvrir le pourcentage de la population qui possède des anticorps au moyen d'analyses de sang. Une hausse de 6 à 12% a été enregistrée de novembre 2020 à mars 2021. Cela confirmerait aussi le chiffre noir des infections, conclut la ministre de la Santé.
Le ministère de la Santé souhaite miser davantage sur les équipes mobiles, car cette stratégie a convaincu les responsables. Elle sera donc développée.
Les personnes déjà vaccinées devront aussi être invitées, afin de contrôler si elles peuvent éventuellement être porteuses du virus.
Des tests rapides vont également être réalisés dans le cadre du dépistage à grande échelle, mais la priorité restera les tests PCR, qui ne peuvent être remplacés par les tests rapides. Les tests antigéniques qui fournissent un résultat plus rapide, seront utilisés en complémentarité. Pour le traçage, ce seront toujours les tests PCR qui seront utilisés pour dépister les personnes ayant eu un contact à risque.
Le contact tracing restera un élément essentiel de la stratégie globale de dépistage, notamment pour tester les classes, selon Paulette Lenert.
En ce qui concerne les tests rapides, ce sont ceux réalisés dans le nez, qui ont le plus convaincu. C'est ce qui est ressorti du cross checking au Laboratoire national de Santé. Ce sont aussi les plus commandés. Le ministère de la Santé collabore actuellement avec celui de l'Education pour les utiliser aussi dans les écoles. Ce devrait être le cas d'ici les vacances de Pâques. Ces tests peuvent détecter une charge virale élevée, ce qui est particulièrement important là où un plus grand nombre de personnes se rassemblent.
Les tests rapides vont offrir une sécurité supplémentaire, en plus des mesures. Les pharmacies seraient intéressées pour participer au projet. Ces tests antigéniques seront également utilisés dans les entreprises.
Le dépistage à grande échelle a permis de mieux surveiller l'évolution des infections, selon le Professeur Paul Wilmes, porte-parole de la task force Covid.
Il cite comme exemple la période de juin-juillet 2020, quand le nombre d'infections avait augmenté. Mais nous n'étions pas revenus aux chiffres d'avril, car nous avions pu interrompre cette deuxième hausse en testant beaucoup, notamment grâce au Large scale testing.
Des groupes professionnels, comme le personnel de santé, les salariés du bâtiment ou les coiffeurs ont été invités plus fréquemment à se faire tester. Les personnes qui résident dans les régions plus impactées par la maladie, sont plus souvent contactées. Cette stratégie a permis de stopper la hausse des infections au début des vacances d'été, selon le Professeur Paul Wilmes.
Là où une prévalence élevée a été détectée dans des groupes professionnels spécifiques, il y a eu plus de tests, ce qui a aidé à éviter des clusters.
Le Large scale testing a permis d'isoler plus précocement des personnes asymptomatiques, que si on avait attendu que ces personnes développent des symptômes et qu'elles se fassent seulement tester alors. Une étude du Professeur Paul Wilmes et de son équipe a permis de découvrir que sans le dépistage à grande échelle, il y aurait eu 43% d'infections supplémentaires.
Il faut noter que la participation au Large scale testing augmente quand le nombre d'infections est plus élevé.
A propos du seuil de 50 nouvelles infections par 100.000 habitants sur sept jours, souvent cité à l'étranger, le docteur Paul Wilmes a déclaré que ce ne serait pas démontré empiriquement. Cela serait en effet fortement lié à la stratégie de dépistage. Avec la stratégie que le Luxembourg applique actuellement, un seuil de 150 nouvelles infections par 100.000 habitants par semaine, serait un cadre que l'on peut se donner.
Le service d'assistance téléphonique dédié aux vaccinations a été complètement submergé, selon la ministre de la Santé. On en serait actuellement à 22.000 appels par jour. Ce chiffre s'explique par le nombre plus élevé d'invitations qui ont été envoyées et par le fait que beaucoup de gens n'ont pas les affinités informatiques nécessaires et préfèrent avoir recours au téléphone.
Les nombreux appels ne peuvent pas être pris en charge pour l'instant, mais la ministre demande quelques jours de patience. Personne ne sera laissé de côté. Le problème est en cours de résolution.