Plateforme "JobSwitch"Trouver un emploi pendant la crise sanitaire

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Le coronavirus induit une nette hausse du chômage. Trouver un nouvel emploi en pleine crise sanitaire est tout sauf simple.
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Lundi a débuté la première phase de sortie du confinement. Les chantiers, les centres de recyclage et les magasins de bricolage ont rouvert et les paysagistes ont repris le travail. Dans de nombreux autres secteurs, les entreprises fonctionnent toujours en mode réduit ou doivent rester fermées. La situation est difficile aussi pour ceux qui sont à la recherche d'un emploi. Comment procéder quand l'économie tourne au ralenti et qu'il y a peu d'offres sur le marché du travail? Quelles aides fournissent le gouvernement et l'Adem? La nouvelle plateforme "JobSwitch" est-elle une solution?

Un emploi grâce à la crise sanitaire

Yannick Rotty était à la recherche d'un travail depuis six semaines. Paradoxalement, pour lui, la crise a accéléré les choses. Depuis le 30 mars, ce Français de 44 ans travaille dans un supermarché à Strassen, où tantôt il remplit les rayons, tantôt il s'occupe de la caisse. C'est sur Facebook que Yannick Rotty a découvert la nouvelle plateforme "JobSwitch", une initiative de la Chambre de Commerce, qui fait le lien entre demandeurs d'emploi et entreprises qui ont un besoin urgent de personnel à cause de la crise sanitaire. Le site s'adresse aux chômeurs, aux personnes en chômage partiel, aux indépendants ou aux étudiants, qui sont intéressés par un nouvel emploi pendant une période déterminée. Yannick Rotty a répondu spontanément à une offre d'"employé polyvalent".

Yannick Rotty: “Ça a été très vite. J’ai répondu donc à l’annonce sur le réseau social Facebook. Deux jours après, une personne de la Chambre de Commerce m’a contacté en me demandant d’envoyer mon CV, ce que j’ai fait directement. J’ai été contacté le lendemain par le magasin Delhaize ici à Strassen qui avait besoin effectivement de personnel disponible. J’ai commencé tout de suite le lundi matin vu que j’étais disponible bien évidemment.Actuellement la situation est compliquée pour les supermarchés. D'une part, ils souhaitent proposer une offre complète et des rayons bien remplis et d'autre part, il faut également garantir la sécurité du personnel et des clients. Un point qui préoccupait aussi Yannick Rotty au début. Il a été rapidement rassuré par un certain nombre de mesures de sécurité. Ainsi chaque matin, tous les membres du personnel reçoivent un masque et des gants.

Accélérer le processus de recrutement

Deux autres personnes ont été recrutées par le supermarché de Strassen via JobSwitch. L'une était au chômage et l'autre au chômage partiel. Le manager de Delhaize Strassen est très satisfait de l'initiative JobSwitch. Grâce à cela, il a pu trouver rapidement des gens qui étaient immédiatement disponibles. Normalement, le processus de recrutement dure d'une à deux semaines. Yannick, en revanche, a pu commencer à travailler en quelques jours. La plateforme JobSwitch accélère en effet ce processus, explique le coordinateur du projet, Laurent Lucius.

Le site a été lancé officiellement le 24 mars. A ce jour, 1.400 candidatures ont été enregistrées et environ 500 contrats ont été conclus. Les besoins en personnel sont surtout importants dans les grandes surfaces, chez les traiteurs et dans le secteur de la logistique. Cette initiative est particulièrement intéressante pour ceux qui sont actuellement en chômage partiel et qui peuvent ainsi aller travailler chez un autre employeur tant que leur entreprise reste fermée.

Gagner plus

Laurent Lucius: “Si les deux employeurs se mettent d'accord, un contrat tripartite est conclu entre l'employeur 1, l'employeur 2 et le salarié. A ce moment-là, c'est évidemment l'indemnité de chômage qui est versée, qui est la base du salaire. Car la personne qui est engagée dans la deuxième entreprise, ne peut pas gagner moins que ce qu'elle gagnait dans la première, et peut aussi gagner plus évidemment. En chômage partiel, les salariés perçoivent 80% de leur salaire, via la plateforme, ils perçoivent minimum 100%. S'ils négocient, ils peuvent gagner plus.”

Laurent Lucius souligne que le rôle de JobSwitch n'est pas de faire le travail de l'Adem à sa place. Au contraire, il y a collaboration, explique la directrice de l'Adem, Isabelle Schlesser, car si les salles d'attente et les bureaux sont quasiment vides pour l'instant, des emplois sont toujours proposés.

Isabelle Schlesser: “Nous avons aussi depuis longtemps une plateforme en ligne où les demandeurs d'emploi peuvent consulter des offres. Et elle continue à être utilisée. En ce moment, on peut aussi l'utiliser pour travailler à son CV, pour suivre des formations en ligne. Il ne faut certainement pas rester inactif durant ces semaines.”

Mais même si le message est qu'il faut continuer à chercher activement un emploi, il faut regarder la réalité en face. Face à la situation actuelle, le gouvernement a décidé de prolonger les indemnisations des chômeurs. “La situation sur le marché du travail n'est simplement pas normale. Il n'est pas facile de trouver un emploi en ce moment”, explique Isabelle Schlesser. Particulièrement au début de la crise, les inscriptions au chômage ont été plus nombreuses. La situation s'est stabilisée entretemps. Celui qui veut s'inscrire auprès de l'Adem en cette période, introduire une demande de chômage ou profiter d'autres services, doit le faire par téléphone, par mail, par courrier ou en ligne.

Une initiative temporaire appelée à durer

En ce qui concerne la plateforme JobSwitch, qui a été lancée pour faire face à la crise sanitaire, Laurent Lucius révèle qu'elle sera maintenue.

Laurent Lucius: “Nous voulons évidemment également en profiter et donner ensuite aux entreprises une chance de peut-être aussi pouvoir utiliser cette plateforme pour sortir plus facilement de cette période de crise. Nous en sommes au stade des réflexions sur la manière de faire cela le mieux possible. Il est évidemment difficile de voir au préalable quelles seront les grosses problématiques des entreprises après la crise. Nous parlons de problèmes de liquidités, mais elles auront aussi d'autres problèmes structurels.”

Retour auprès de Yannick Rotty, qui déclare être très satisfait de sa nouvelle situation, tout comme de l'initiative JobSwitch. Comme cette dernière a été créée pour faire face à cette période de crise, seuls des contrats à durée déterminée sont conclus. Yannick Rotty va encore travailler jusqu'au 30 avril au supermarché de Strassen. “J’espère effectivement que je vais pouvoir rester encore quelque temps pour pouvoir continuer à travailler ici bien sûr”, ajoute Yannick Rotty.

Si la situation l'autorise et si les salariés en chômage partiel ne peuvent pas retrouver leur ancienne situation, on envisage de garder ces gens qui nous ont aidés temporairement, explique le manager du magasin, Florent Kohr.

Il subsiste donc un espoir pour Yannick Rotty. A côté de toutes ses conséquences négatives, le coronavirus lui apportera peut-être quelque-chose de positif, à savoir un emploi stable.

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