Protection des forêts"Très peu de données sur la quantité de bois utilisée et transformée au Luxembourg", selon Pit Mischo”

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Mardi matin, l'état des forêts luxembourgeoises était au centre de l'émission "L'invité de la rédaction sur RTL.
© Bakir Demic

Pit Mischo, le président de l'ASBL “Fir en nohaltege Bësch FSC* Lëtzebuerg” était l'invité de la rédaction de RTL mardi. Il réclame une table ronde sur l'avenir des forêts luxembourgeoises. Le plus important serait de réunir tous les acteurs paritairement autour d'une table pour discuter ensemble, afin de déterminer comment préparer la forêt à l'avenir. Par exemple, actuellement, si des acteurs de l'environnement organisent quelque-chose, aucun acteur de l'économie n'est présent et vice-versa. 
 
Souvent dans les ministères et les administrations, les collaborateurs discutent entre eux via l'ordinateur ou par écrit, mais "la sylviculture se pratique dans la forêt". C'est pourquoi l'ASBL FSC Luxembourg a adressé une lettre à cinq ministères (Environnement, Energie, Economie, Classes moyennes et Education) en demandant des discussions avec l'ensemble des acteurs.

Que se passe-t-il avec le bois luxembourgeois?

Il est problématique que personne ne sache ce qui se passe précisément avec le bois de nos forêts. “Nous disposons en fait de très peu de données sur la quantité de bois réellement utilisée et transformée ici au Luxembourg", critique Pit Mischo. Le Statec dit qu'il part en Belgique et aux Pays-Bas. Mais nous savons très bien que le bois est placé ici dans des conteneurs, aspergé de pesticides et de fongicides, puis acheminé vers les ports d'Anvers et de Rotterdam. De là, le bois est exporté vers la Chine, où il est transformé puis renvoyé au Luxembourg. Par le passé, il ne serait jamais venu à l'idée des dirigeants de l’Arbed d'extraire du minerai du sol et de l'exploiter à l’étranger. C'est dramatique que nous n'y parvenions plus avec le bois, souligne Pit Mischo.

Mieux utiliser notre valeur ajoutée

L'ASBL FSC Luxembourg réclame depuis un certain temps déjà un Conseil supérieur de la forêt et du bois. Aujourd'hui, le Luxembourg dispose seulement d'un Conseil supérieur de la protection de la nature. Certes il inclut les forêts, mais il faut un Conseil où sont aussi représentés les acteurs qui exploitent le bois. Il se peut que le consommateur veuille acheter du bois luxembourgeois, mais l'offre est quasiment inexistante. “C'est le problème”, selon Pit Mischo.

Il existe par exemple une exploitation à bois électronique où vous pouvez télécharger vos produits. Le menuisier pourrait aller les acheter là, mais le site ne fonctionne pas. L'Administration de la Nature et des Forêts dispose également de centaines de produits, mais elle ne peut pas les télécharger sur cette plateforme, car les deux systèmes ne sont pas compatibles.

“Il faut imaginer cela, Deux entreprises publiques, dont l'une ignore ce que fait l'autre ni quelles sont les possibilités pour mettre cela en oeuvre d'une belle manière,” selon le président de FSC Luxembourg. 
 
Il est dommage que nous n'exploitions pas la valeur ajoutée que nous produisons sur 90.000 hectares de terres, explique l'invité de la rédaction. La grande quantité de gibier constitue également un problème pour la forêt. Il faut chasser davantage d'animaux, demande le FSC Luxembourg.

*FSC est le sigle de Forest Stewardship Council.

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