
C’est le mélange de souffrance et d’espoir qui pousse un certain nombre de patients entre les mains de personnes qui promettent une convalescence facile et rapide via des thérapies alternatives. Pour des personnes atteintes d'un cancer, cela peut avoir des conséquences fatales. RTL en a parlé avec le docteur Guy Berchem, oncologue au Centre hospitalier de Luxembourg.
Le cancer est la cause de décès la plus fréquente au Luxembourg, devant les maladies cardio-vasculaires. D'après les statistiques du ministère de la Santé pour l'année 2021, chez les hommes, les cancers du poumon, de la prostate et du côlon sont les types de cancer aux conséquences mortelles les plus courants. Chez les femmes, il s’agit des cancers du sein, du poumon et du pancréas.
Plus un cancer est détecté tôt, mieux c'est, selon le docteur Guy Berchem. Si la maladie est découverte à temps, on peut commencer rapidement les traitements nécessaires, ce qui rend une guérison plus probable.
La médecine dispose d'un grand nombre d’options thérapeutiques. Le cancer peut être éliminé par la chirurgie. Avec la chimiothérapie, les cellules cancéreuses sont détruites au moyen de médicaments. Et la radiothérapie et l’immunothérapie peuvent être utilisées dans la lutte contre le cancer.

À l’étranger, on fait parfois des choses épouvantables avec les patients atteints d'un cancer, explique l'oncologue du CHL.
"Là, j'ai effectivement déjà eu des gens qui ont été traités avec du venin de serpent, traités avec leur propre urine, des choses tellement épouvantables. Ou encore avec la fameuse hypothermie, qui se pratique beaucoup en Allemagne. Où il y a même des cliniques dirigées en théorie, du moins sur le papier, par des personnes sérieuses, qui y gagnent en passant beaucoup d'argent."
Tous ces prétendus traitements coûtent beaucoup d'argent aux personnes concernées. Le docteur Berchem trouve dramatique qu'il soit dit aux patients de ne plus aller chez leur médecin. Il a lui-même déjà eu des patients, qui ont tenté de telles choses et qui au bout d'un certain temps, sont revenus avec plein de métastases. Nous avons malheureusement un patient de la sorte par an. Or, "la perte de temps en début de traitement n’est plus rattrapable."
Au Luxembourg, le médecin du CHL ne connaît aucun spécialiste autoproclamé affirmant pouvoir guérir le cancer. Il y a certes au Grand-Duché quelques collègues qui croient moins à la médecine factuelle, mais dans le cas de maladies graves telles que le cancer ou les maladies cardiaques, ils n'y touchent pas:
"En fait, je n'ai jamais eu de mauvaises expériences avec eux. Ils donnent à leurs patients ou à nos patients des traitements où ils disent, oui, vous tolèrerez mieux la chimiothérapie. Et psychologiquement, cela est souvent tout à fait acceptable, mais ils ne s'occupent pas du tout du véritable traitement, c'est-à-dire du traitement classique du cancer."
Pour bien traiter un cancer, il faut le détecter tôt et poser le bon diagnostic. Ainsi on peut commencer à temps la thérapie qui convient. Le docteur Berchem insiste: "Traiter un cancer du sein avec du venin de serpent, ça ne fonctionne pas."
Les patients doivent s'adresser à leur médecin traditionnel, recommande l'expert, mais si vous cherchez de l'aide auprès d'autres, vous devez en discuter de manière transparente avec votre oncologue.
"Et si vous recevez des vitamines d'un autre médecin, vous pouvez en parler avec votre véritable oncologue. Et ensuite décider ensemble de ce que vous voulez faire, mais avant tout parler et pas simplement ne pas revenir.