
Nous ne dévoilerons pas les noms des parents ni de l'enfant porté disparu, tout comme la date de sa disparition afin de protéger la famille.
Lorsque l'enfant n'est plus rentré à la maison, notre témoin était certain qu'il n'avait pas été enlevé ou que quelque chose de grave s'était produit. Dès le début, la famille savait où il se trouvait, mais la police a quand même été informée de sa disparition tout en précisant qu'il s'agissait très probablement d'une fuite, pas d'urgence donc.
"La première semaine de sa disparition n'était pas trop dramatique puisque j'étais plus ou moins sûr de savoir où l'enfant se trouvait, mais plus le temps passait, plus je me faisais des soucis", déclare notre témoin.
Le travail de la police ne semblait pas non plus avancer. Des solutions ont été trouvées avec des amis et le reste de la famille afin de contacter l'enfant, finalement grâce aux réseaux sociaux un contact a pu être établi. L'enfant est effectivement rentré chez lui, mais après avoir été chercher ses affaires là où il se trouvait pendant sa disparition.
"J'avais vraiment le sentiment qu'il se trouvait à cet endroit, ce que j'ai d'ailleurs dit à la police qui s'est rendue à l'adresse de l'autre parent mais à qui on a dit que l'enfant ne s'y trouvait pas", confie notre témoin.
Dès son arrivée à la maison, l'enfant a raconté au parent concerné tout ce qu'il s'était passé durant ce long mois: "la situation s'est empirée, il s'est entouré d'amis très bizarres, ils volent, ils consomment de la drogue, c'est vraiment grave ce qu'il m'a raconté".
Pendant toute la durée de la disparition, le parent n'a pas reçu d'information de la part de la police, alors que les foyers d'accueil et des organisations spécialisées demandaient des nouvelles sans arrêt: "à chaque fois que je me rendais au commissariat, j'avais un autre interlocuteur, relate notre témoin, ils étaient tous très gentils mais ils ne pouvaient pas me fournir l'aide dont j'avais besoin".
Le parent ne souhaite évidemment pas mettre tous les services à mal, car il sait que l'on a besoin d'eux, mais il trouve que, dans sa globalité, "le système est plutôt problématique".
Quand une personne est déclarée disparue auprès des forces de l'ordre, quelques informations cruciales doivent être prises en compte par l'agent en fonction. Une description détaillée de la personne disparue doit être fournie, mais également les circonstances de la disparition sont importantes pour la police. Un cas impliquant une lettre d'adieu sera par exemple traité différemment qu'une fuite d'un foyer.
Une fois tous les éléments récoltés par l'agent de police, le Parquet est également impliqué afin de classer le cas selon son degré de gravité en fonction de l'état de santé de la personne disparue ou de son âge. Les autorités feront alors le choix entre une "disparition inquiétante" et une "disparition non-inquiétante".
Alors que la police mènera son enquête, le Parquet pourra décider en parallèle d'autres mesures complémentaires, notamment la diffusion d'un avis de disparition, ce qui est fait au cas par cas.
Lorsqu'une personne mineure a disparu, le Parquet est systématiquement mis au courant et une procédure de "disparition inquiétante" est en principe mise en place.
Si le cas est classé "non-inquiétant", il s'agit généralement d'un mineur en fugue, lorsqu'il s'est échappé d'un foyer par exemple: "dans ce cas, l'endroit où se trouve la personne disparue est rapidement découvert ou la personne réapparaît assez rapidement", selon les explications de la police.
Mais chaque dossier retient toute l'attention des forces de l'ordre qui vont rassembler toutes les informations afin de les relayer en interne pour que les agents sur le terrain puissent être mis au courant des dernières évolutions.
Si un doute existe qu'un enfant a été enlevé, une procédure supplémentaire est prévue afin de déclencher d'autres mesures: "cela peut impliquer le lancement d'une alerte Amber par exemple, toujours sur ordre du Parquet", conclut la police.